mercredi 16 mai 2018

Des montagnes aux sept couleurs, comme un avant-goût du voyage qui reprend.

Les retrouvailles avec Pierre se sont suivies d'heures de discussion. 
Pour rattraper le temps passé d'abord, puis pour préparer la suite... 
De la petite maison solitaire, on est allés à Pisac.
Le temps s'est accéléré.
L'itinéraire s'est dessiné.
J'ai retrouvé un élan de motivation à voir du pays, à visiter des endroits...
Il m'a parlé des montagnes arc-en-ciel, peut-être la seconde plus grande attraction de la région de Cusco.
(La première étant le Macchu Picchu.
Que je n'ai pas vu, non, et sans regrets.)
Après quelques recherches, j'ai vu la possibilité d'y aller sans se perdre dans une foule...

Alors on est partis.


La montagne Vinicunca est celle qui apparait sur toutes les cartes postales & photos plus ou moins réalistes, parfois saturées à outrance pour faire ressortir ses couleurs. Les guides péruviens n'ont découvert son potentiel touristique qu'il y a deux ou trois ans, et elle voit maintenant passer des milliers de visiteurs quotidiennement. On n'ira pas la voir, lui préférant sa petite sœur : Palccoyo. Rares sont les agences qui proposent l'alternative, et il nous faut payer un peu (beaucoup) plus cher que les tours organisés qui partent en masse sur "LA" rainbow mountain et se succèdent ou se mélangent sans grande considération pour leurs clients. Le luxe de ne pas faire comme tout le monde se paie (et ç'aurait pu être en temps, si on avait voulu se débrouiller sans guide). Mais tant pis. Ou tant mieux ? L'échange est humain, on n'est pas pris pour des moutons ou des pigeons, la compagnie est locale et intimiste, les explications sont réalistes, honnêtes...

Le choix ne fait aucun doute, ni dans la tête ni dans le cœur.


À 5h du matin, on part de Cusco dans un minivan où notre petit groupe est à l'aise. Il y a une jeune anglaise, un couple américain avec deux enfants, la guide, le conducteur, Pierre et moi. Deux heures et demie de route nous laissent rattraper un peu du sommeil qui manque. Le petit déjeuner est préparé par un chef, rien que pour nous. Pancakes à l'orange, fruits, pain, thé, café, porridge à boire... La qualité du repas et la tenue du cuisinier contrastent avec l'endroit : une pièce au fond de la cour d'une maison particulière, aux murs décrépis et au plafond troué. Ça me plait. Les enfants sont bavards et attirent l'attention, j'observe en souriant, amusée. Comme en décalage, un peu. 

Ça grimpe. Les eucalyptus si nombreux (importés d'Australie pour parer aux glissements de terrains des tremblements de terre) disparaissent, la végétation se raréfie, bientôt il n'y a plus que des pommes de terre qui poussent (elles sont meilleures en altitude), les champs s'étendent en terrasse sur les flancs des montagnes, à perte de vue. Il y a des arrêts photos, des explications de Flor, notre guide. Ça grimpe, toujours plus.

Quand le véhicule s'arrête, on est proche des 5000 mètres d'altitude.
Le soleil brille, quelques nuages passent.
La chance nous sourit avec ce temps parfait.


"Caminas como los peruanos !"
Moi aussi je m'étonne de marcher si facilement, comme Flor le remarque.
À cette altitude les souffles sont courts, les pas ralentissent, les pauses sont nombreuses.
Mais c'est pas si dur, vraiment, j'ai plus d'énergie que jamais !

Chacun suit son rythme, dans un paysage qui pourrait bien accumuler les adjectifs et les superlatifs...

Mais les photos sont plus parlantes.


En plus de Palccoyo, on peut voir Ausangate au loin, montagne enneigée dont Flor nous confie n'avoir jamais vu le sommet dégagé avant aujourd'hui. Le temps est décidément vraiment parfait. Le vent est froid, mais le soleil resplendit.

Après une dernière montée, les 5000 mètres d'altitude sont dépassés et on se retrouve dans une forêt de rochers. Flor nous y donne des explications culturelles, historiques et géographiques, et on multiplie les photos avant de redescendre.


Vers le bas c'est bien plus rapide. On reprend la route en sens inverse, le déjeuner nous est cuisiné par le même chef que ce matin, et est plus que satisfaisant (des recettes typiques revisitées avec créativité, même pour l'option végétarienne).

On repart, on roule, les yeux se ferment, des sourires aux coins des lèvres.

Aucun regret, vraiment aucun...
Paccloyo semble n'avoir rien à envier à Vinicunca.


Le soir, j'emmène Pierre à la Bo'M, une crêperie tenue par une française, que j'avais découverte avec Randi.
C'est presque comme si on était de retour en Bretagne... Presque...

Puis on retourne à Pisac.
Là, l'esprit est de nouveau occupé par le futur.
Le décompte est lancé, avant mon vol vers la France.

L'itinéraire est tracé, et j'ai envie de prévoir des points de chute ; pas par nécessité, mais par confort... Sans aucune motivation pour voyager au hasard, trouver un hébergement peu cher à l'arrivée dans une ville, après parfois de longues errances le sac sur le dos, avec souvent une décision précipitée par la fatigue... Pas cette fois. J'ai vu le bien que m'a fait le séjour dans ma petite maison solitaire ; et j'ai constaté à Cusco à quel point une recherche d'hébergement pouvait me vider de mon énergie. Même si je n'aime pas prévoir les choses à l'avance, je sens bien qu'en ce moment le niveau de confort dont j'ai besoin pour être en forme est plus haut que dans le passé. Alors je fais des réservations, validées par Pierre. Puisqu'il n'est encore qu'au début de son voyage, prévoyant déjà de revenir au Pérou, il me laisse choisir. Il acquiesce, curieux de tous les endroits à voir. Il s'adapte, facile à vivre.

Le décompte est lancé, mais je ne voulais pas quitter la vallée sans retourner une dernière fois à Lamay, dans la maison où j'ai mis les pieds pour la première fois il y a huit mois, là où un simple volontariat est devenu le début d'un long cheminement intérieur, et où j'ai rencontré les plus belles personnes de ce voyage...

Là aussi, Pierre m'a suivie.

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