dimanche 24 septembre 2017

Bienvenue dans la vallée sacrée

Quelques jours ont filé à Cusco, où mes promenades avaient un air de routine rassurante rythmée par un cours d'espagnol quotidien. Marc est revenu de son trek, on a partagé une trentaine d'heures, et puis il est reparti. C'est difficile et douloureux de réaliser que cette fois on ne se retrouvera pas avant plusieurs mois ; mais nos besoins diffèrent, et les routes se séparent dans un sourire mélancolique.

Le lendemain je suis prête à partir, changer d'air, j'ai envie de nouveauté. Le tatoueur rencontré la semaine dernière m'a proposé de passer quelques jours avec lui, il est à Cusco pour la journée et j'attends de ses nouvelles pour partir avec lui à Pisac. Son message arrive en fin d'après-midi, je remets mon sac sur le dos, sors de la chambre, et... tombe nez à nez avec le couple de français rencontré à Arequipa ! Un tel hasard au timing parfait me pousse à rester une nuit de plus, une soirée de partage, comme un dernier souffle, un dernier répit avant de partir vraiment pour un nouveau voyage.


Dans le mini bus pour Pisac, j'ai le sourire aux lèvres et une confiance sereine en l'avenir.

La petite ville qui nous avait semblé si calme et ennuyeuse, quand on y était venus avec Marc, m’apparaît sous un tout nouveau jour. Avec Siddhi, le tatoueur, les journées dans son studio sont entrecoupées de rencontres. L'atmosphère me rappelle un peu ce qui m'avait plu à la Palma, l'été dernier ; quelque chose de chaleureux, de convivial, des relations de partage et d'entraide, des connexions naturelles, une facilité d'être... Après avoir posté une annonce sur internet, je reçois des messages de gens intéressés pour se faire tatouer ; et très vite, je reprends les aiguilles avec un grand plaisir. J'aime être ici, partager ce studio, travailler auprès d'un artiste doué, recevoir ses encouragements comme une validation, une confirmation de ce que mon manque de confiance m’empêche encore trop souvent de voir.

En quatre jours, le voyage a tellement changé que j'ai l'impression d'avoir quitté Marc il y a des semaines. C'est presque une nouvelle vie qui commence, détachée du passé, libre de toute contrainte.


Et, déjà, le décor s'apprête à changer.
En quittant Pisac, je sais que j'y reviendrais.
Il y a un goût de trop peu, des promesses d'un morceau de vie enrichissant.

La curiosité me pousse à honorer l'accord passé avec un couple de chamanes, chez qui je pars faire un volontariat. En vingt minutes de minibus j'y suis déjà ; un sourire aux lèvres, toujours, avec un brin de mélancolie d'avoir quitté un quotidien agréable, et une infime appréhension face à l'inconnu... Mais le tout est enveloppé de cette confiance constante qui adouci la vie.

Cet région qu'on appelle la vallée sacrée, formée par une rivière bordée de montagnes, me semble aujourd'hui être exactement l'endroit qu'il me faut. Je ne sais toujours pas ce que je fais là, du moins pas concrètement, je n'ai aucune raison logique à me donner, mais je sens dans l'air quelque chose de flou, comme une confirmation, un acquiescement curieux et malicieux, me promettant des réponses aux questions muettes...

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