mercredi 1 février 2017

Alors, je repars encore.

Ça faisait longtemps.
(Non ?)
On dirait un refrain récurant.
Entêtant.
Obsédant.

Je repars encore...
C'est devenu cyclique au fil des ans.
Ça ne veut presque plus rien dire.

Je repars...
C'est presque insignifiant.
Banal.
Attendu...


Voilà six mois que chez moi n'a plus de sens, six mois que la colocation-refuge s'est terminée, six mois que chez moi c'est un peu partout, et nulle part à la fois. Six mois de sauts de puces ici et là, avec un saut de kangourou aux Canaries, sans jamais plus de deux semaines au même endroit. J'ai bien envisagé la possibilité de reprendre un logement, oui... mais l'idée m'était absurde. Où, puisque l'entourage s'était éparpillé ? Et pour y faire quoi ? Ah, oui, que faire... On est nombreux, ces temps-ci, tournant autour de la trentaine, à se regarder le nombril avec cette idée en tête : que faire pour être heureux ? À questionner la normalité, le bon sens, à remettre en perspective les acquis d'un début de vie. J'y vois autant d'espoir que de détresse ; c'est qu'il est compliqué ce point d'interrogation, d'autant plus quand il se lie à un autre, plus terre à terre, ponctuant la problématique de l'argent. Aucune solution parfaite et universelle n'est à trouver. À chacun de faire son propre cheminement et choisir ses priorités, ses compromis. Alors, ballotée entre l'envie de trouver du sens et la certitude que le monde à encore beaucoup à m'apprendre, j'ai traîné mon sac à gauche à droite, au gré des possibilités de perfectionner une pratique qui me rend heureuse, jusqu'au jour où j'ai ouvert les yeux en sachant que le moment était venu de reprendre un aller simple vers l'inconnu.

Oui, vraiment, c'était aussi simple que ça.
Un jour, j'ai simplement senti que c'était le moment.
Des détails ressemblaient à des confirmations.
Un billet d'avion étonnement peu cher dans un délai si court, pour une destination qui me fait rêver depuis des années, à une date qui sonnait juste, alors qu'une personne qui m'est très chère avait prévu d'aller dans la région plus ou moins à cette période...
Si vous croyez aux signes du destin, vous comprendrez que la décision était facile.
(Si vous n'y croyez pas, vous pourrez voir les encouragements qui ont facilité le choix.)

Alors, voilà, je repars...
Ce voyage sera différent (mais ils se sont tous), puisque mon sac s'alourdit de ma réponse à la question universelle. Ma réponse temporaire du moins, ma réponse personnelle, qui fait du poids un compromis tout à fait acceptable. J'emporte avec moi de quoi tatouer, de quoi camper, de quoi dessiner, écrire, me souvenir... j'emporte avec moi, en fait, de quoi vivre de la ma meilleure façon possible.  

Je repars...
Parce que c'est la meilleure chose à faire pour moi aujourd'hui, pour mon bonheur personnel et, par extension, celui du monde qui m'entoure.

Je repars...
Ou, simplement, je continue.

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