vendredi 23 octobre 2015

Pas besoin d'aller bien loin...

... pour s'évader.

Un endroit, n'importe où, au pif ; chez une connaissance, amie d'ami, pour moi un contact d'internet avec qui les affinités donnent envie de rendre les mots sonores. Et qui, en prime, vit dans des montagnes qui me sont inconnues ; j'ai vu d'avantage de l'Islande ou de la Norvège que de mon propre pays, il serait peut-être temps de s'employer à réparer l'injustice, non ? Et tant qu'à m'être trouvé une occasion-prétexte, j'entraîne dans mon élan l'ami-lien pour qu'il profite aussi de la virée.

Aller, viens, on va changer d'air un peu.


On choisit la date sans trop y réfléchir, au pif au mieux. Trois jours avant, on prend des billets de bus pour aussi loin que possible ; parce que, vraiment, 19€ (!) jusque Grenoble, on pouvait pas passer à côté, ça vaut bien des heures étirées sur la route. La veille on réserve un covoiturage pour le reste du trajet, on enfourne en vrac des affaires dans nos sacs bien trop grands pour seulement un week-end, et le jour J on s'en va en frissonnant dans l'humidité qui rend le froid si perçant chez nous.


Le niveau de confort du bus, quelque part entre celui des vieux véhicules Birmans et le luxe des transports de Malaisie, fait passer la petite douzaine d'heures de trajet sans trop d'impatience.

À Grenoble, on suit les indications d'Antoine pour le retrouver dans son deux pièces d'étudiant où il nous accueille en couchsurfing avec un grand sourire. On discute un peu, à peine, il est déjà tard et il a du travail. Le lendemain on lui offre un pot de compote maison, et il nous donne une couverture de survie parce que la marque de notre tente lui rappelle de mauvais souvenirs. Une courte rencontre, joliment simple.


On s'était dit quitte à devoir passer la nuit à Grenoble, autant ne pas en repartir dès les premières heures. Parce que je ne connaissais pas la ville (et lui juste un peu), on profite de l'occasion pour voir de quoi elle a l'air ; quoi de mieux pour ça que de grimper à la Bastille (à pieds pour dérouiller les jambes)? Là Grenoble s'étend sous nos yeux, enclavée dans sa vallée.

Tu sais quoi, j'avais oublié qu'on avait des montagnes aussi en France.


Et puis, le temps de marcher au hasard dans quelques unes de ces rues qu'on voyait d'en haut, de prendre un café dans une cour où d'immenses arbres imposent la pause, de s'arrêter pour déjeuner dans le premier endroit qui attire notre regard et éveille notre appétit, de retourner chez Antoine pour prendre nos sacs... Déjà, il est l'heure de poursuivre notre route.


On s'en va dans les montagnes en covoiturage, en roulant dans les nuages... Les Gapençais qui nous accompagnent ne semblent pas y accorder une quelconque importance, et moi ça m'émerveille (ça n'existe pas, chez nous, les routes qui serpentent en altitude).

Après deux petites heures de bavardage, on n'a plus qu'à marcher dix minutes sous une fine bruine pour arriver dans la maison chaleureuse de Nasha. Un thé, un chat, une cuisine boisée et des amis ; la nuit tombe... Ça tient à quoi de se sentir chez soi ?


Samedi les nuages s'entassent au dessus de nos têtes jusqu'à déchirer le ciel d'une succession d'éclairs retentissants. 

Mais qu'on est bien, là, au chaud, dans cette maison au milieu des montagnes !

Dimanche le bleu perce alors on roule un peu, on part grimper au dessus des nuages sur le chapeau de Napoléon, d'où la ville se montre dans toute son étendue, d'où les tracteurs ressemblent à des jouets pour enfants.


Plus loin, au lac de Serre-Ponçon, on écoute le silence entrecoupé de lointains bruits de moteurs qui résonnent sur le relief.


Certains week-end semblent être plus courts que d'autres... Celui là nous laisse tout juste le temps de sourire, et déjà il faut lui dire au revoir.

Repartir avec un merci sur les lèvres.


Le pouce levé, en une matinée et quatre voitures on est de retour à Grenoble. Cette ville qui m'avait laissé une bonne impression trois jours plus tôt n'aime pas les autostoppeurs ; on cherche en vain un endroit approprié pour se faire embarquer, on essaie quand même, on abandonne. La bruine, le rhume et les routes sans espaces d'arrêt ont raison de notre motivation, et le renoncement a un bon goût de confort quand on s'assoit dans un train pour Lyon. On envisage de profiter de cette nouvelle escale pour visiter un peu, mais bien vite on se rend compte du peu d'intérêt qu'on a pour les déambulations citadines. Tant pis, on apprécie quand même la ville pour ce qu'elle nous apporte de contact humain en une soirée chez les sœurs d'une amie. Le lendemain on remonte dans un bus (pour 9€ (!), c'est si peu cher qu'il fallait que je le précise) et, 10 heures plus tard, on est rentrés.

On n'a pas besoin de franchir de frontières pour changer d'air.
Pour voyager, pour découvrir...
Il suffit juste de faire un pas de côté.

Aucun commentaire:

Enregistrer un commentaire