lundi 7 septembre 2015

Udaipur en demi teinte

Le trio formé à Pushkar s'est poursuivi jusque Udaipur.

On a débarqué là sans trop savoir quoi y voir, comme d'habitude, juste avec un point de chute chez un couchsurfeur trouvé par Guillaume. Imanchou nous accueille dans son hôtel où une chambre est réservée aux voyageurs, il avait prévenu qu'il ne pourrait pas héberger gracieusement plus d'une personne mais a proposé une réduction à Marc et moi ; et on s'est dit que ce serait plus simple de loger au même endroit que Guillaume, alors on a accepté.

Il y a sur le toit du bâtiment une terrasse d'où on peut admirer la ville endormie.
En quelques heures ce soir-là, discutant avec notre hôte, les moustiques me dévorent et quelques détails annoncent déjà un séjour un peu mitigé dans cette nouvelle ville...


Udaipur, la ville blanche, la romantique, la Venise indienne...

Elle a des airs de station balnéaire à certains endroits, avec ses lacs artificiels construits aux 14e et 17e siècle, de destination luxueuse où de riches personnes viennent se marier en dépensant des sommes indécentes pour impressionner et marquer les esprits. On y trouve des hôtels dont le prix d'une chambre dépasse le salaire moyen d'un français (alors imaginez celui d'un indien...), cinq ou sept étoiles, le luxe doré.

Mais si on tourne le dos à tout ça, on part se perdre dans les ruelles labyrinthiques d'une vieille ville pleines d'escaliers, les voies piétonnes où l'on croise des animaux ou des scooters, des gens surpris de nous voir, des morceaux de vie, des maisons colorées, entassées, et on marche en souriant, au hasard, suivant des virages imprévus et des reliefs improbables.


Ce n'est qu'à deux qu'on visite cette ville, les deux premiers jours. Marc est malade, cloué au lit avec les toilettes à deux pas, sans doute à cause d'un chapati fait avec de l'eau douteuse mangé à la gare d'Ajmer.

Mais, avec Guillaume, on passe aussi du temps en compagnie d'Imanchou. Très ouvert et curieux, il est bavard et pas avare de commentaires sur son pays auquel il ne se sent pas appartenir. Quelques années d'études en Angleterre lui ont donné un regard très critique et négatif sur l'Inde ; on écoute, sans pouvoir approuver tous ces jugements. Cet homme-là est issu d'une famille riche et semble n'avoir jamais côtoyé de près la misère ; il nous dit que les gamins dans les rues ont choisi leur situation parce que l'éducation est accessible à tous, mais comment pourrait-on acquiescer après avoir rencontré Nitin ? Il nous invite à manger dans le restaurant de son hôtel, nous conseille, et cuisine même parfois pour nous, on se régale tout en sachant que les prix sont bien plus élevé que ce qu'on a l'habitude de choisir ; et en partant il faudra régler toute la note, même les boissons qu'il a proposé d'offrir à Marc pour aider son ventre malade. Le dernier jour il reçoit cinq nouveaux couchsurfeurs ; cinq d'un coup, à qui il donne trois chambres. On pensait qu'il ne voulait en libérer qu'une à la fois pour les voyageurs... ? Mais à ce moment-là je ne suis plus vraiment surprise, j'ai bien cerné l'esprit calculateur et commercial du bonhomme. Il n'y a a pas que de belles personnes sur couchsurfing, loin de là.


Le dernier jour Marc va mieux, on sort à trois pour aller voir le temple et le city palace.

Le temps a filé entre nuages et éclaircies. 

Déjà, il est temps de terminer le voyage à trois, dire au revoir, en espérant bien se recroiser un jour, en France, ailleurs, qui sait... Guillaume part vers le nord, sur une route qu'avec Marc on a déjà empruntée ; nous on va à l'ouest, là où Guillaume a déjà été.


Je ne garderais que peu de choses d'Udaipur, un séjour en demi teinte, un peu gris.
Tout n'est pas parfait dans les voyages, évidement et heureusement.
Mais à quoi bon se plaindre ou regretter ? 
Le temps file, demain arrive à grand pas, et qui sait si lui ne sera pas merveilleux...

Aucun commentaire:

Enregistrer un commentaire