samedi 29 août 2015

Quatre jours à Jaipur, pour les gens plus que pour la ville.

Il n'est pas si terrible, ce bus non climatisé qui nous fait quitter Agra. J'avais entendu beaucoup de choses sur les transports indiens, mais décidément je n'y vois pas l'inconfort imaginé (ou peut-être que les bus Birmans m'ont vaccinée ?). Pour une fois on roule de jour et on voit le vert des campagnes, la nature qui commence à nous manquer un peu à force d'aller de ville en ville ; ça fait du bien.

Prochaine destination : Jaipur, la ville rose. On est attendu là-bas, puisque Marc a trouvé sur couchsurfing quelqu'un qui lui a aussitôt donné envie de le rencontrer : Nitin, un indien au grand cœur qui dédie une grande partie de sa vie à l'éducation des démunis. On le rejoint dans un temple hindou, en compagnie de deux autres couchsurfeurs : Gayatri, espagnole d'origine indienne, et Guillaume, français.


Une belle soirée, tous ensemble.
Un beau moment de partage.
Des rires, des sourires.
Des occasions qui tombent du ciel, pour la suite.

Quand Guillaume part prendre un train, on lui dit à bientôt ; avec Marc on vient de décider de le rejoindre à Pushkar quelques jours plus tard, pour une excursion à dos de chameaux qu'il avait prévu avec Nitin. Il ne nous a pas fallu plus de quelques minutes pour sentir que le courant passait, pour avoir envie de passer plus de temps avec eux... quand ils nous l'ont proposé, on a accepté sans hésiter d'ajouter une nouvelle étape à notre brouillon d'itinéraire. Une évidence, pour Marc autant que pour moi.


Avec Gayatri on passe le premier jour à visiter Jaipur.
Le fort (magnifique), la vieille ville, les bâtiments roses...
Avec elle aussi le courant passe, c'est simple, des sourires complices.
Le soir on partage tous les trois une séance de tatouage improvisée avec un ami de Nitin.
Puis à son tour, elle doit partir.


Le deuxième jour, Nitin nous emmène avec lui voir la NGO (organisation non gouvernementale) pour permettre aux enfants défavorisés et aux femmes qui le souhaitent d'accéder à l'éducation ; parce qu'ici les écoles gouvernementales ont un enseignement très aléatoire voire mauvais, et les privées sont chères. Tous les matins, il fait le tour du quartier pour ramener les gamins dans le minuscule local en location qui lui sert d'école, et il y enseigne les bases, écrire et compter, quelques mots d'anglais... Les voix résonnent quand ils répètent après lui, les sourires éclairent l'endroit.


Marc est dans son élément évidement, ceux qui le connaissent ne s'en étonneront pas (et pour les autres, une précision qui résume tout : il est travailleur social par vocation).

Moi un peu moins, et ceux qui me connaissent n'en seront pas non plus étonnés... Mais tous ces sourires, ces regards étincelants et curieux, les petites mains qui accrochent la mienne où caressent mon bras tatoué, l'énergie et la vie qui se dégagent de ces gamins qu'on dit "pauvres" et qui semblent pourtant insouciants, rieurs, joueurs, comme n'importe quel autre enfant de n'importe où dans le monde... Tout ça, ici, entre ces quatre murs, qui ça pourrait laisser insensible ?


Après le cours aux petits, un moment de calme, et les femmes arrivent l'une après l'autre. Elles sont ici parce qu'elles savent l'importance de l'éducation et saisissent l'opportunité que leur donne Nitin ; souriantes elles aussi, pleines d'entrain et d'énergie, rieuses, rayonnantes et magnifiques dans leurs saris aux couleurs vives.

Il y a dans cet endroit une bien belle atmosphère...

Après ça on rentre à la maison, chez Nitin et sa femme, avec leurs deux enfants et les grands parents. Un bout de vie partagé, comme si c'était la chose la plus naturelle du monde. Il y a plein d'amour ici...

Le troisième jour file, sans visite de la ville.
Du partage, des échanges.
Un dernier repas ensemble.
Plein de petits riens, aujourd'hui comme hier, ou avant-hier.
Des détails, bouts de vie mélangés.
Dehors c'est la mousson, dedans le soleil brille.


Et le quatrième jour, on part rejoindre Guillaume.
   

2 commentaires:

  1. Gwenola, on ne se connaît pas beaucoup - voire pas du tout en vrai en fait ! - mais juste par des amis communs (Vincent, Sylvain, etc). Juste pour te dire que j'adore te lire et suivre ton périple, je suis admirative du mode de vie que tu as choisi aujourd'hui du moins, et j'aime beaucoup ce que tu es et fait. Du moins ce qui transparaît ici dans tes lignes, et à travers tes posts photos me parle vraiment. Merci beaucoup pour ce partage :) Au plaisir de se rencontrer un jour en vrai ! ;) Sarah

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    1. Merci vraiment beaucoup Sarah, ça me fait très très plaisir de te lire ! :)

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