lundi 6 juillet 2015

Se laisser surprendre à Singapour.

C'est une île envahie par les gratte ciel...
La nature y a disparu...
Y a un escalator géant qui traverse la ville...
On est ultra surveillés là-bas, on peut rien faire...
On n'a même pas le droit de fumer dans la rue...
Et les chewing-gum sont interdits...

Ah ouais, vraiment ?

Si je n'avais pas eu un ami ici, rencontré il y a trois ans en Islande, je n'aurais probablement pas mis les pieds à Singapour. Les grandes villes ne m'ont jamais vraiment attirée. Alors, une ville-état hyper sécurisée et règlementée...


On a repoussé le moment du départ, avec Aurélie.
Elle était bien à Langkawi, et moi à Kuala Lumpur.

Quand on se retrouve finalement dans la capitale, tout est fait à la dernière minute, on prend le premier bus vers Singapour sans trop réfléchir aux détails... Alors évidement, pas de surprise en constatant que l'heure de départ semble être sujette au nombre de passagers, ou que le temps de trajet annoncé n'est qu'une vague indication destinée à nous rassurer. Quitter la Malaisie est facile (à la frontière on me parle même en français), entrer à Singapour est un peu plus compliqué, un peu plus strict... Il faut dire aussi qu'on ne s'est pas tellement renseignées sur le pays avant d'y aller, on n'avait aucune idée qu'il faudrait déclarer le tabac (entre autres) et en payer les taxes. Retenues un moment par les douaniers, on constate en sortant que le bus ne nous a pas attendues. Bienvenue à Singapour !

Mais on trouve un autre bus, puis on monte dans un taxi (ce qui tient presque du miracle ici où, contrairement au reste de l'Asie, les chauffeurs rechignent à s'arrêter), et on retrouve Prashant en bas de son travail. Welcome in Singapore !... là ça sonne bien mieux.


On reste chez lui quatre jours, cinq nuits.

Suffisamment pour se faire une idée de Singapour...
Assez pour avoir envie d'en partir sans regret.
Et juste ce qu'il fallait pour casser nos a priori.

Singapour c'est la grandeur, l'image de la réussite, tout est propre et lisse, les tours d'immeubles s'étirent dans le ciel, les rues sont pleines de belles voitures, les working people pressent le pas sur les larges trottoirs du quartier des affaires, les nombreux expat' s'ajoutent à la mixité étonnante du pays. Que veut dire "être local" ici, dans un pays vieux de 50 ans où autrefois on ne trouvait que des pêcheurs malaisiens ? L'architecture ressemble au mélange culturel qui se lit sur les visages, la diversité apparente forme finalement un ensemble harmonieux...

Marina Bay Sand, le délire architectural...
Et le Merlion, emblème commercial de la ville.

Mais il n'y a pas que le quartier des affaires et ses grattes ciel.

Il y a aussi des maisons plus petites, des bâtiments colorés à taille humaine, des trottoirs encombrés devant des magasins, les quartiers chinois et indien... Et partout, c'est vert. Partout, il y a des arbres, de l'herbe, quelques fleurs, un peu de nature pour respirer.


Alors finalement c'est pas désagréable de se balader à Singapour...
C'est espacé, propre, aéré...

On oublie un peu les caméras qui nous surveillent partout (comme en haut à droite dans la photo suivante), mais on garde en tête qu'il est interdit de jeter des déchets par terre, ou de cracher. On croise de nombreuses poubelles-cendriers qui prouvent que fumer est toléré à certains endroits. On respecte bien les feux des passages piétons, on s'aligne à gauche dans les escalators du métro, comme tous les Singapouriens à qui le gouvernement rappelle la bonne conduite à suivre par d'innombrables panneaux et affiches. On se prend au jeu de la grande ville...


Il ne faut pas s'étonner de voir parfois des engins militaire déchirer le ciel dans un bruit assourdissant. Démonstration de force pour certains, simple entraînement avant la fête nationale pour d'autre... Ça peut surprendre et effrayer, moi ça m'amuse.


La vie est chère, on le savait avant de venir. Souvent les prix ont le même montant qu'en Malaisie, mais la monnaie est bien différente : manger pour 5 ringgits (1€) ce n'est pas pareil que pour 5 dollars singapouriens (3€)... Pour dormir, impossible de trouver un lit pour moins de 15$. Les bières déjà chères en Malaisie le sont encore plus ici. Et pour ce qui est des attractions touristiques... il y a de quoi profiter, si on a beaucoup d'argent !

Mais il y a aussi des choses à voir sans qu'on ait à sortir le porte-monnaie.
(La principale étant la ville en elle-même...)
Garden By the Bay est un grand parc gratuit où on peut marcher des heures. C'est beau, c'est bien fait (c'est un exemple de la réussite singapourienne...), c'est agréable. On y voit, au milieu des plantes locales, des arbres futuristes aux structures de métal recouvertes de végétation.


Si on choisit de débourser un peu d'argent là-bas, pour 28$ (ou 25 en achetant les tickets à l'office de tourisme de Chinatown), on peut visiter la cloud forest et le flower dome. Là encore, un bel exemple du gigantisme de la cité-état. C'est démesuré. Beau, riche, diversifié, intéressant, divertissant...



Et le soir on s'émerveille, comme des gamines, en assistant à un spectacle son et lumière qui ne coûte rien.


Les nuits singapouriennes sont aussi vivantes que les journées.
La ville s'illumine, l’effervescence se poursuit.
Les touristes, comme les locaux, se pressent sur les terrasses des quais où une soirée peut coûter aussi cher qu'une semaine dans n'importe quel autre pays d'asie du sud-est.


Quatre jours, cinq nuit.
Se balader, sans trop se presser...
Marcher au hasard, découvrir, comprendre.

Puis on prend le métro jusqu'à la station Kranji, où on monte dans un bus pour 2$ vers Johor Barhu, la ville frontalière malaise. Sortir du territoire est tellement facile qu'on est surprises de ne pas avoir plus de contrôles.

Il y a un sourire sur nos visages d'être de retour en Malaisie.

Et après, on nous demande :
Alors, Singapour, ça vaut le coup ?
...
Disons que oui, c'est à voir.
Ça vaut le coup, pour quelques jours.
Juste pour voir...

4 commentaires:

  1. Je ne me lasse pas de tes récits et de ta capacité à partager ton ressenti et les émotions que te procurent tous ces lieux "exotiques"...
    Singapour en est un superbe exemple !
    Bravo :))

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    1. J'aime beaucoup les vues de Singapour: ça me tenterait d'y passer quelques jours.
      La propreté si rare dans nos "vieux" pays (France, Belgique) me fait envie. Là on est bien obligé de respecter les lois et je dis bravo. Ici les gens jettent leurs saletés à côté des poubelles...faute de sanctions! C'est un manque de respect pour les autres. Les caméras ça ne me dérange pas: il y en a partout et parfois elles sont bien utiles.

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    2. Dans un monde parfait toutes ces lois et sanctions seraient inutiles...
      Parfois elles manquent, faute de respect et bon sens, ailleurs elles sont un peu extrêmes (interdit d'entrer sur le territoire avec des chewing gum...!). C'est intrigant et intéressant à observer, mais la sensation constante d'être observée et surveillée me pèserait, je pense, à force.

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