vendredi 5 juin 2015

Birmanie : une excursion vers les villages Chin.

On n'a pas fait que des balades à vélo au milieu des temples, à Mrauk Oo.
J'avais une autre idée en tête en arrivant ici...

Une envie obsédante, un peu irréfléchie, la dernière chose qu'il nous restait à faire pour cocher toutes les cases de la liste des endroits qu'on ne voulait pas rater en Birmanie.


Le premier matin au Prince Hotel, on nous propose de déménager dans une meilleure chambre pour le même prix. En acceptant, on en profite pour demander des renseignements sur leur excursions vers les villages Chin. On aurait pu aller chercher plus loin, ne serait-ce que pour comparer, mais... ils sont si gentils ici (et puis c'est facile comme ça...).

Alors le lendemain, voilà, on part découvrir ces villages ethniques.
(Et cocher la dernière case de la liste...)

Ça commence par 30 minutes de voiture jusqu'à un embarcadère au sud du village. Là, on monte dans une de ces petites barques qu'on sait réservées au touristes puisque équipées de chaises en plastique. Elle est amarrée au milieu des bateaux de travailleurs, remplis de pierres noires ou blanches ramassées au fond de la rivière et vendues pour la construction de routes ; ça paie bien, 2000 kyats la journée (1€64), et ils sont nombreux à décharger leur récolte sur la rive. Au fil de l'eau, on en verra tout autant plonger inlassablement pour gagner leur vie.

Notre bateau est lent, on a tout le temps qu'on veut (et même plus) pour observer la vie du fleuve Lemro.


Après une heure à contre courant, on s'arrête dans un marché où, pas de chance, on ne passe pas le bon jour (deux fois par semaine, les gens des villages plus lointains viennent y vendre leurs récoltes ou leur artisanat). Il est un peu vide aujourd'hui, l'aller-retour dans la rue principale est rapide.

On remonte dans la barque.

Une autre heure plus tard, on est content de remettre les pieds à terre (parce que bon, le bateau c'est sympa, mais deux heures c'est un peu long quand même...). Et puis ça y est, on est arrivés dans le premier village Chin, à la frontière de l'état du même nom.

Et donc pourquoi on je voulais tellement venir ici ?
Parce que la caractéristique principale de l'ethnie Chin, qui tend à disparaître (la caractéristique, pas l'ethnie...) est le tatouage qui recouvre le visage des femmes les plus âgées. Et moi, les tatouages, forcément ça m'intrigue, ça m'attire...


Mais...
Je n'aime pas cette photo.

On a pris le thé avec ces dames, assis sur des chaises de six centimètres de haut posées sur un tapis en bambou, elles nous ont servi des tranches de mangues en souriant et en discutant un peu avec notre guide qui faisait la traduction.

Puis il est l'heure de poursuivre notre route, on retourne vers le bateau et elles nous suivent, nous montrent les écharpes qu'elles ont tissées elles-même. Une me prend par la main et m'amène devant ses travaux, me les montre, comme en disant "look, look"... ou "buy" ?

On ne veut rien acheter, pas parce qu'on n'aime pas mais parce qu'on n'en a pas l'utilité. Ça pèserait dans nos sacs de backpackers, ça encombrerait. Même si... elles vivent de ça, ces dames. C'est le tourisme qui les fait manger aujourd'hui. Et nous on vient, on regarde, on repart... Est-ce que ce n'est pas un peu malhonnête ?

Le guide demande "do you want to take a picture ?"
Je dis oui, je prend la photo alors qu'elles posent avec un air tellement habitué et las.
Et puis on part.

(Alors non, je n'aime pas cette photo.)


Une demi heure de plus sur l'eau, et on arrive dans un second village.
On y mange le plat préparé à l'avance par l'hôtel, chez une autre femme Chin au visage tatoué. Celle-ci n'a rien à vendre, l'ambiance est un peu plus détendue. Le village est joli, comme le précédent.

On repart, demi-tour, on commence à revenir en arrière.
On s'arrête à nouveau pour aller traverser deux villages d'ethnies différentes, séparés de quelques mètres. On y apprend que les jeunes n'ont pas le droit se marier avec quelqu'un de l'autre village, les Chins et les Rakhines ne peuvent pas se mélanger. On y voit des panneaux solaires, principale source d'énergie. On y visite un temple abandonné...

Et puis...
On repart.


La descente du fleuve est longue, lente.
C'est joli.
Mais un peu lassant...

Je crois que cette dernière excursion en Birmanie m'a vaccinée pour la suite.
Les ethnies, si je ne peux rien leur apporter, je me passerais d'aller les voir.
(Même si elles ont des tatouages.)
Et les sorties organisées, j'y réfléchirais à deux trois fois.

(Mais sinon c'était sympa quand même...)

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