dimanche 7 juin 2015

Birmanie : retourner à Rangoon, et partir.

Quitter Mrauk Oo, c'est la même chose qu'y aller : on peut prendre le bateau jusque Sittwe puis monter dans un avion, ou faire un long trajet en bus.

Pas de vol pour nous, évidement.

Après un dernier curry arrosé de l'habituel lime juice (c'est bon pour la digestion), on quitte les 44°C au soleil pour monter dans un bus climatisé (il n'en faut pas plus pour nous rendre heureux, là) qui part à travers les montagnes.

C'est pas là qu'on a mangé avant de partir, mais c'est une des nombreuses gargotes qu'on trouve partout ; avec les même chaises en plastique, le même sol de terre battue, les même verres... tout pareil.

On est les seuls touristes (encore).
À un premier poste de contrôle, tout le monde descend. Il nous faut montrer nos passeports, et le receveur* du bus présente aux autorités les papiers des autres passagers. Puis il y a un arrêt pour manger, dans les montagnes embrumées, où le menu est unique et préparé à l'avance (et pas très bon...). Plus loin, un second contrôle où à nouveau il faut descendre (ça a vraiment l'air plus difficile de quitter l'état d'Arakan que d'y entrer). Et puis on essaie de dormir autant que possible.

* Le receveur, en Birmanie (mais j'ai aussi vu ça dans certains coins de Thaïlande), c'est celui qui met les bagages en soute, fait monter les passagers et s'occupe d'eux, vend les tickets de bus, s'assure que tout le monde est bien remonté après chaque pause, annonce les arrêts, etc... et dans les villes ou sur des lignes courtes, il crie à la volée la destination aux gens dans la rue, il descend parfois pour aider les passagers à monter, il est tout le temps à moitié hors du bus dont la porte est toujours ouverte... Grâce à lui le conducteur se concentre sur la route, et tout le monde gagne du temps. C'est un vieux métier, humain et convivial, et ça fait plaisir de voir qu'il existe toujours.

Après 20h de route, nous voilà de retour à Rangoon.
Il est 7h, il pleut. 
On monte dans un taxi pour encore une heure de trajet (parce que la station de bus est bien loin du centre ville), mes yeux se ferment, mais l'inconfort d'être encore assise m'empêche de dormir. On retourne au même hôtel que l'autre fois (parce qu'à Chan Myae les petits déjeuners sont vraiment bons). Et on se repose.

Demain c'est le dernier jour de validité de notre visa.
On pourrait (devrait ?) poursuivre la route vers la frontière, mais là bon... on est un peu (très) fatigués ; et on sait que les conséquences sont faibles si on dépasse la date limite de quelques jours. Alors on ralentit, juste un peu.

Un jour à ne rien faire.
Manger à 999 Shan Nooddles, le resto pas cher conseillé partout (à raison).
Prendre un (vrai) café pas loin.
Rentrer, faire une sieste, se reconnecter à internet.
Mal de tête persistant depuis la veille.
Vraiment ne rien faire...


Puis le lendemain, dans une petite agence voisine de l'hôtel, on réserve des places pour un bus vers la frontière.
Et on part prendre le train...

À Rangoon il y a une ligne circulaire qui fait le tour de la ville en trois heures, pour 1000 kyats (moins d'1€).
C'est un peu long, mais reposant.
On observe, au ralenti, la vie d'ici.

Les marchés au bord des rails.

Ou les fin de marché...

Les maisons au milieu des champs.


L'agitation sur certains quais.


Le train qui se rempli de gens chargés de sacs de légumes et d'herbes...
Probablement pour aller les vendre dans un des marchés de la ville.


La campagne, souvent pleine de déchets.

On se dit que si on voyait ça en France, on ne voudrait pas y mettre les pieds.
De la même façon que si on trouvait, dans un restaurant français, autant d'insectes que dans ceux d'ici, on ne voudrait pas toucher à notre assiette. Pourtant, ici, on mange entourés de mouches et on se contente d'enlever de nos plats les bestioles qui y tombent parfois. Et on ne s'en porte pas plus mal (non, je ne pense pas que ça ait un quelconque rapport avec les indigestions...) ; on s'est habitués à l'Asie.

Là c'est propre, mais parfois les déchets se mélangent aux cultures.
Le tour se termine, on revient petit à petit à un paysage plus citadin.
Et finalement, trois heures, c'était pas si long...


À 17h il est temps de partir pour la station de bus, si loin du centre ville : il faut plus d'une heure de route dans le bus n°43, assis tout au fond sur les banquettes chauffées par le moteur. J'en ai déjà marre...


Après un peu d'attente à la station de bus, c'est reparti pour une nouvelle nuit sur la route.
Celle-ci est un peu plus confortable, les sièges sont grands et, miracle !, je peux étendre mes jambes... Mais les lumières restent allumées, la musique est si forte que je l'entend même avec des écouteurs dans les oreilles, et le trajet est finalement loin d'être reposant.

Il est un peu plus de 7h quand on arrive enfin à la frontière.
Mon envie (besoin ?) de café est satisfaite par une de ces boissons 3 en 1 (j'ai fini par m'habituer, à force) servie avec des fourmis flottantes (mais comme je disais plus haut, on les enlève et on boit quand même...).

Un jour d'overstay ne pose aucun problème pour quitter la Birmanie (ni 28 jours d'ailleurs, comme on a pu le voir sur le registre de l'immigration où nos noms ont été notés sous celui d'un français qui avait bien plus prolongé son séjour que nous). Il suffit de payer 3$ par jour supplémentaire. Rien d'autre.


Et voilà.
On a quitté la Birmanie.

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