jeudi 28 mai 2015

Birmanie : indigestion et volontariat.

Pyin Oo Lwin est une ville d'altitude où il fait bon vivre.
On s'y arrête pour couper le trajet depuis Hsipaw, avant de repartir pour Mandalay.
On s'y attarde pour une journée...

Il y a ici une base militaire importante. On s'en était déjà aperçu en descendant du train, croisant beaucoup de soldats qui nous dévisageaient ; on en a la confirmation quand l'armée nous réveille à 5h45 en chantant pendant un footing en rangs parfaitement ordonnés.


Une nouvelle journée commencée aux aurores...
Mais c'est de toute façon devenu une habitude, par nécessité : quand la température grimpe en journée, il faut se lever tôt pour profiter des heures encore fraîches !

(Sauf qu'ici, à Pyin Oo Lwin, on est dans les montagnes et le climat est plutôt doux.
Tant pis...)

On a retrouvé Mathias, le Danois du trek, dans la guesthouse qu'on a choisie au hasard. Avec une Canadienne qu'il a rencontrée à Hsipaw, on partage un taxi vers la cascade d'Anisakan. L'endroit est paradisiaque, mais il se mérite : 40 minutes de descente abrupte pour l'atteindre, 1h20 de montée épuisante pour en repartir.


Les Birmans s'y baignent tout habillés, parfois en changeant seulement de longyi.
(Il fait tellement chaud de toute façon, les vêtements sècheront bien vite.)
Certains y viennent même pour se laver sous la cascade.


Après le long et pénible chemin de retour, le chauffeur de notre taxi-pick-up nous emmène dans un restaurant local pour un repas traditionnel : il faut choisir un curry, et la table se remplit d'une dizaine d'assiettes d'accompagnement.


Ensuite on rentre se reposer.
Mais plus les heures passent, plus mon ventre se plaint.
C'est à mon tour d'être malade (à Hsipaw c'était Roland, et avant ça on a un peu alterné depuis le début du voyage... la Birmanie malmène nos estomac). La chaleur, la fatigue, trop de nourriture, pas assez d'eau… Plusieurs causes mélangées provoquent l'indigestion. Je ne peux rien faire d'autre que passer le reste de la journée au lit.

Le lendemain, quand le réveil sonne j'ai l'impression d'aller mieux et on part comme prévu, avant l'aube.

Pour rejoindre Mandalay sans trop dépenser il faut aller à une station service à l'ouest de la ville, sur la route principale. Des pick-up en partent régulièrement et font le trajet en 1h30, pour 1500 kyats (1€25). Puis on poursuit notre route sur des moto-taxi jusqu'à l’embarcadère, on y attend plus d'une heure et on part en bateau pour Mingun.

Les heures passent, et la fatigue m’assomme.
Mon ventre se plaint à nouveau, quand on descend du bateau sous le soleil au zénith tout ce que je veux c'est m’asseoir quelque part. Mais il faut continuer. On monte à l'arrière d'un tuk tuk, le chauffeur connaît bien l'endroit qu'on lui indique, dans un village un peu plus loin. La route le chemin n'est que de terre et cailloux, de plus en plus bosselé. Puis arrive un moment où le tuk tuk ne peut plus avancer, il nous faut continuer à pieds. Une pause, assis sur le stand d'une dame qui nous y a invités en me voyant sur des marches. Pour finir le trajet on nous propose de nous emmener en moto, on accepte sans réfléchir.

[...]
Pourquoi on est venus se perdre ici ?
Parce que j'y ai trouvé, en regardant au hasard sur couchsurfing, un endroit qui nous avait donné envie d'y faire un détour.


Un moine de 26 ans a créé une école destinée aux enfants qui ne peuvent pas suivre d'enseignement public (trop cher pour beaucoup de parents). Il y invite des voyageurs à donner des cours d'anglais, partager leur culture et leurs connaissances sur n'importe quel sujet.

Il est absent quand on arrive, mais on est accueillis et entourés par des enfants et une des enseignantes.

L'endroit est joli, calme et plein de vie.
Mais la chaleur est écrasante, épuisante...
L'indigestion me vide de toutes mes forces, bientôt je n'y tiens plus et vais m'allonger sous une moustiquaire.
L'après-midi file encore sans que je puisse bouger.

Pendant ce temps Roland rencontre les gens d'ici, des professeurs (jeunes pour la plupart), les enfants, et trois autres voyageurs qui rentrent du village où ils sont allés donner des cours.

En fin de journée, je me joins à eux.
Owen (le moine) est rentré aussi.
On passe la soirée à discuter, manger (du riz blanc pour moi, voilà le secret pour se remettre d'une indigestion... avec du coca, mais ici impossible d'en trouver). Certains regardent un film, sur une vieille télé alimentée par un générateur (en journée l'électricité vient de panneaux solaires). D'autres jouent sous les étoiles. Et à 23h, tout le monde va se coucher.

Le lendemain on part avec les trois autres voyageurs à l'école du village.


Pas de cours officiel puisqu'on est tombé en période de vacances scolaires, mais il y a quand même une douzaine d'enfants venus apprendre l'anglais. Et personne pour nous donner d'instructions... Difficile de savoir exactement quoi faire, ou comment. Les trois autres "profs" étant déjà ici depuis quelques jours, on se fie à eux. 

Deux heures le matin, autant l'après-midi.
L'idée est surtout de faire parler les enfants ; de 7 à 12 ans environ, ils ont tous déjà des bases d'anglais. Ils emmagasinent du vocabulaire, recopient les mots notés au tableau, et écrivent les exercices sur leurs cahiers avant de réciter des phrases devant les autres. Puis il y a des jeux, des chansons... 

Une dose énorme de sourires et d'enthousiasme.

La journée finie, on rentre à l'école d'Owen.
Et puisque le lendemain l'endroit sera vide, tout le monde devant partir pour une cérémonie bouddhiste, avec Roland on décide de reprendre la route aussitôt. L'indigestion semble finie (mais pour éviter toute rechute je garde le riz blanc comme base de mon alimentation), et on a encore tellement à voir...


On part à pieds dans ce petit village où les sourires curieux envahissent les ruelles.

On fait du stop, ça se termine en trajet direct pour la station de bus de Mandalay ; puisqu'il est déjà tard, on est bien contents d'accepter l'offre de ce père de famille qui nous propose de nous y emmener pour quelques kyats.

Là-bas, on nous aide à trouver la seule agence de bus qui vend des billets pour Bagan.
On attend un peu, et puis...
C'est reparti pour une nuit sur la route.
 

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