vendredi 6 mars 2015

Thailande : Koh Tao.

" Pourquoi, déjà, on a choisi d'aller sur Koh Tao ?
 Ah oui, parce que je voulais y faire de la plongée.
[...]
Mais avec ce problème de ventre malade et les carences alimentaires de ces dernières semaines, vu la faible forme que j'ai, c'est peut-être pas une bonne idée de faire trois jours intensifs de formation et de plongées à 18 mètres...
[...]
Enfin, là-bas ou ailleurs, tant qu'on n'est plus à Pattaya..."


C'était choisi presque au hasard.
Quelques jours à occuper avant qu'Aurélie nous rejoigne...
[À occuper ? On dirait qu'on est blasés, las, comme si on en avait trop vu, trop fait.]

C'est presque par dépit qu'on monte sur le ferry.
[Même si c'est toujours agréable d'être sur un bateau.]

C'est presque par défaut qu'on en descend.
[Même si l'endroit a l'air plutôt sympa.]

Bienvenue sur "L'île de la tortue"...


Ça se presse, ça se bouscule, ils sont là pour nous accueillir dès le premier pied posé à terre. "Taxi boat ?" "Sairee beach ?" "Taxi !" "Boat to Sairee beach ?" "Where you go ?" "You want taxi ?" "Taxi boat !"

Avec un grand (franc) sourire, on répète inlassablement :
"No thank you !"
"No thank you !"
"No thank you !"
...
Aller, ce n'est qu'une petite île, on s'éloigne un peu et déjà c'est plus calme.

Le propriétaire (breton) d'une guesthouse nous conseille, entre deux hoquets dûs à une soirée d'anniversaire dignement excessivement fêtée, des jolies plages et des logements pas trop chers. Il parle du sud de l'île avec tant d'enthousiasme qu'on décide d'y aller sans trop y réfléchir.


"Logement pas cher, vraiment ?..."

500 baths (14€), pas moins, pour une chambre avec ventilateur (sans air conditionné ni eau chaude mais on s'en passe sans problème, les douches froides sont même appréciables). C'est un peu élevé pour la Thailande (à Chiang Mai on payait deux fois moins cher). Mais il parait que le sud du pays est plus touristique cher ; et dans ce coin de l'île on ne trouve que des resorts, des hôtels, des bungalows...

"Bon 7€ chacun, ça va quand même...
Et puis l'endroit est calme.
Et joli.
On est au bord de l'eau.
Et elle est transparente.
..."

Après une petite marche sur un sentier vallonné vers une des plages conseillées par le patron breton, on pose les sacs, on court dans l'eau... et on y voit des poissons, sans même besoin d'un masque ! C'est pas grand chose, c'est sans doute banal pour beaucoup de gens... mais puisque c'est la première fois que je vois ça, ça me ravit.

Le lendemain, on loue des masques et tubas, et on retourne se baigner.
 

Puis on quitte le sud, on trouve une chambre au village pour 400 baths (11€) avec terrasse et café gratuit (ça change tout) dans une de ces guesthouses tenue par des Thais, en bas de laquelle on trouve une épicerie et un stand de nourriture.

Un matin on loue à nouveau l'attirail de snorkeling (sauf les palmes, on préfère s'en passer) avant de descendre sur Sairee beach pour monter dans un de ces longtails - taxi boat.


En 15 petites minutes, il nous dépose sur Nang Yuan.
Petite île monopolisée par un resort, il nous faut payer 100 baths pour y accéder.
On grimpe à un sommet en se disant quand ça vaut le coup, quand même...


Et puisqu'il est tôt, on peut en profiter tranquillement.


À 10h, la température approche déjà les 30°C.


On veut poser nos affaires sur un des transats alignés sur le banc de sable, mais... qu'on est naïfs... Aussitôt, un employé de l'hôtel nous informe que ces places sont à louer. Évidement. Alors tant pis, on part trouver le seul coin d'ombre de la plage, on y laisse les sacs et vêtements, et on file dans l'eau.

Eau bien vite envahie.
Mais c'est pas grave, parce que...


Masque sur le visage, tuba dans la bouche, inutile d'attendre de ne plus avoir pieds pour plonger. S'éloigner à la brasse, lentement... Inspirer, expirer, doucement... Quelques poissons passent... La tête sous l'eau, n'entendre rien d'autre que ma respiration et un crépitement étrange que je suppose venir du corail. Le temps est suspendu là-dessous. Les poissons fuient et puis m'entourent, au gré du courant me voilà au milieu d'un banc et ils sont là, partout, devant, dessous, derrière, des petits, des gros, des grands, des longs, des arc-en-ciel, des pastel, des sombres... Les petits verts tentent de me grignoter, l'un d'eux me surprend et une inspiration trop rapide fait entrer l'eau dans mon tuba ; en sortant la tête, le brouhaha des touristes m'emplit les oreilles. Vite, replonger. Et aussitôt, retrouver la quiétude marine.


Évidement l'unique restaurant de l'île est extrêmement cher.
(Quatre fois plus que sur Koh Tao, six fois plus que dans le nord de la Thailande...)
Et à 13h le soleil cogne, plus aucun bout d'ombre n'est disponible sans devoir payer pour une table ou un transat. Alors on remonte dans un taxi boat, et on s'en va, bien contents d'être arrivés tôt et d'avoir pu profiter pleinement de l'île sous son meilleur jour.


Difficile de s'empêcher de comparer.
La Thailande au Cambodge, Koh Tao à Koh Rong...

Sur Koh Rong, on avait l'impression qu'un coin de paradis avait été envahi, transformé dans un but commercial, comme si tout le village n'existait plus que pour les étrangers (trois fois plus nombreux que les Cambodgiens).

Sur Koh Tao, la vie existe au delà du tourisme. Peut-être parce que la majorité des gens vient ici pour la plongée (et changent d'île pour faire la fête, sur Koh Phangan par exemple pour la full moon party, ou la half moon, ou même la black moon...). L'île est plus petite, mais plus peuplée, il est assez facile d'y voir une vie locale hors de l'aspect touristique. Ce n'est qu'un vague ressenti, difficilement exprimable, mais on s'y sent bien plus à l'aise.


Et puis elle est chouette, cette île.
En quelques minutes on se retrouve facilement au calme.
(Même si parfois ça grimpe trop pas mal, on préfère de toute façon marcher plutôt que louer un scooter.)

Une petite route dans la nature, une plage isolée...

Une crique aux arbres décorés, joliment appelée freedom beach...


Dans le village les boutiques se ressemblent, les agences de plongées font la guerre des prix, les restaurants vantent leurs barbecues, les taxis attendent, les enfants se courent après, les chiens se promènent, les touristes vont et viennent en maillots de bain...


La plage principale est à l'ouest, les bars-restaurants s'y succèdent au milieu des arbres, et à 18h30 les terrasses sont pleines. Le soleil se couche sur la mer alors que les verres se vident.


Facile de faire la fête.

Mais facile aussi de s'en éloigner.


À Koh Tao on vit un peu comme on veut.

Et nous on s'est laissés surprendre, alors qu'on ne s'attendait à rien de spécial.


Au bout de cinq jours il a fallu partir.

Pour aller vers le sud sans payer trop cher, on avait le choix entre deux ferrys : un de jour, un de nuit. On a pas mal hésité, ayant vu quelques avis mitigés sur le voyage nocturne... Mais on est trop curieux, et puis ça nous faisait économiser une nuit d'hôtel, alors on a réservé deux places pour le départ de 21h.


Heureusement, les matelas de 70cm de large et environ 1m65 de long (on est contents d'être petits tous les deux) n'étaient pas tous occupés. Les passagers se sont éparpillés, et on a eu bien assez de place. Si Kévin a eu du mal à dormir, c'était uniquement à cause de la pleine lune selon lui (et de l’excitation de se trouver sur un bateau) ; moi je n'ai eu aucun problème à m'endormir, bercée par les vagues.

Le seul inconvénient de ce ferry, en fait, c'est qu'il arrive à 4h30 à Surat Thani. Là, sans correspondance à attraper, il n'y a plus qu'à se trouver un banc pour grappiller un peu de repos supplémentaire avant que le soleil se lève et que la ville s'éveille...

[Et ensuite ?
Retrouver Aurélie et filer en Malaisie.
Aller faire un volontariat, puis de la méditation.
Rejoindre une amie proche pour découvrir le pays à quatre.
Un mois et demi pour tout ça...
Un joli programme qui s'annonce.]
  

4 commentaires:

  1. Magnifiques photos, belles couleurs chaudes... et enfin, une de toi, c'est si rare !
    Oui, bon, c'est ton ombre, ok, mais c'est mieux que rien ! lol

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    1. Couleurs chaudes qui représentent bien la chaleur qu'il fait ici !
      Et la photo de moi, bon, on vient de retrouver Aurélie ; donc qui sait, peut-être qu'il y en aura plus... En tout cas quand Morgane nous rejoindra tu pourras sans aucun doute en voir pas mal !

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  2. Coucou!
    Ton voyage est tellement passionnant et inspirant!
    Mais j'me demandais, que faisais-tu comme métier avant?
    Et de quoi vis-tu? enfin tu avais fait des économies? (désolé pour mon indiscrétion..)
    Et quel appareil photo utilises-tu?
    En tout cas merci de partager ce beau voyage

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    1. Avant, j'étais vendeuse en boulangerie pendant quelques années. J'ai mis pas mal d'argent de côté, et je je compte travailler en Nouvelle-Zélande. Mon appareil photo est un olympus OM-D E-M100.
      Merci beaucoup pour ton commentaire !

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