samedi 14 mars 2015

Malaisie : une histoire de chats.

Depuis Surat Thani en Thaïlande, on n'a certainement pas choisi la route la plus simple pour la Malaisie. Le sud-est de la Thaïlande étant fortement déconseillé aux voyageurs, on a préféré passer par l'ouest : un train (dans lequel on retrouve Aurélie), un tuk-tuk, un minivan, (une nuit,) un tuk-tuk, les passeports tamponnés du côté Thaï, un ferry, un nouveau tampon d'entrée en Malaisie (gratuit pour 90 jours), une heure de décalage dont on avait oublié l'existence et qui nous fait rater un deuxième ferry (mais on ne va pas s'attarder là-dessus ; on a payé un deuxième billet puisque, évidement, pas moyen de le changer, et on a pris le suivant)...


Le soleil est déjà couché quand on arrive à Georgetown, sur l'île de Penang.  Pas de chambre de réservée, mais on sait où se diriger pour en trouver à des prix raisonnables : Chulia Street et Little India. Il ne faut que 15 minutes de marche pour y arriver, et déjà avec Kévin on apprécie l'ambiance de la ville, sans raison particulière, juste un bon feeling... Les bâtiments, le calme, les odeurs d'épices...

Le lendemain, on prend un bus vers Teluk Bahang, un village au nord de Penang où on est attendus pour un volontariat d'une semaine. Plus on approche de la mer, plus on voit de chats, et plus on sait qu'on se dirige vers le bon endroit : Cat Beach.


Depuis sept ans, une famille Malaise y recueille et nourrit des chats errants. Il y en avait déjà une bonne soixantaine lorsque Teviot, une américaine expatriée, est venu s'installer dans la maison en bois qui fait face à la mer ; aujourd'hui elle en compte une centaine. Les conditions sont basiques (rustiques ?), il y a beaucoup à faire pour améliorer l'endroit dont Teviot veut faire un  eco-friendly cat sanctuary. Les volontaires sont prévenus des conditions avant leur arrivée, ils dorment où ils peuvent / veulent : dans un lit au rez-de-chaussée, dans une guesthouse louée juste à côté, sur des hamacs... Avec Aurélie on plante nos tentes dans le sable, et Kévin occupera un canapé pour la première nuit. Les tâches sont aussi diverses que les personnalités présentes : s'occuper des chats, les soigner, les nourrir, prendre soin des bébés, faire le ménage, bricoler, aménager le terrain, faire de la communication, des photos, des vidéos, mettre à jour les réseaux sociaux...

Dès le premier jour on rencontre plus de chats qu'on ne peut retenir de noms.
Et ils en ont tous, des noms !
S'il fallait une preuve de l'amour de Teviot pour ces animaux, elle est toute trouvée.


Une question me trotte dans la tête...
Pourquoi recueillir tant de chats, dans des conditions si difficiles ?
Réponse : Parce sinon sinon ils sont tués.
Il n'en faut pas plus pour comprendre. Depuis l'été dernier, une politique de "zéro chats errants" a été mise en place à Penang. Les recueillir n'est alors plus seulement leur offrir un foyer, c'est aussi les sauver.

Le but de Teviot est de tous les vacciner et stériliser, puis de les faire adopter.
One hundred sterilized, vaccinated, heatlhy and adoptable cats. 

Projet ambitieux, généreux... et coûteux, qui n'en est qu'à ses débuts.

Mais, (trop) nombreux ou pas, ils ont plutôt l'air heureux tous ces chats.
Ils ne sont pas enfermés et pourraient fuir, mais ils restent là où on prend soin d'eux.


Il y a déjà 6 volontaires quand on arrive, et tous ont l'air aussi heureux que les chats d'être ici.
Mais il est difficile, pour Aurélie et moi, de trouver notre place ; impression d'encombrer plus que d'aider. Tous les coups de main sont les bienvenus, mais parfois trop est pire que pas assez... Juste une question de feeling... Malgré tous les câlins des chats qui viennent nous voir, sautent sur nos genoux, ronronnent en s'endormant, ou miaulent en quémandant des caresses, on ne se sent pas vraiment à l'aise ici. Alors on ne reste qu'un jour et une nuit, et on s'en va en laissant Kévin en bonne compagnie.


Je pars de là un peu déçue.
J'avais beaucoup attendu ce volontariat, je pensais pouvoir enfin poser mon sac quelques temps en me rendant utile. Et sans tout ce monde on aurait certainement pu rester... Mais aujourd'hui notre place n'était pas ici.
(Tant pis.)

Il y a quand même une petite chose que je peux faire pour aider sans être sur place : partager cette histoire.


Si jamais ça vous touche, si jamais vous voulez aider, si jamais vous voulez permettre à ces chats d'être en bonne santé, si jamais vous voulez contribuer à la construction d'un "cat sanctuary"...

D'abord, vous pouvez aller faire un tour sur la page facebook de Cat Lover International (et l'aimer, et la partager !).

Ensuite, vous pouvez en lire plus sur la page workaway (et peut-être aller y faire un volontariat ?).

Et puis, il est possible de soutenir Teviot financièrement sur cette page de crowfunding.

Je n'ai pas l'habitude d'écrire ce genre d'article, je ne veux pas faire d'appels aux dons ni solliciter qui que ce soit à débourser un peu d'argent. Mais je veux partager et informer. Si j'inclus un lien vers un site de dons, c'est que je suis à peu près sûre qu'ils seront utilisés à bon escient ; mon court passage à Cat Beach m'a convaincue que ce refuge pour chats a réellement du sens (pour peu qu'on se préoccupe du bien être des chats...). Libre à chacun d'en faire ce qu'il voudra, donner ou pas, partager ou pas.

(Merci à ceux qui s'intéresseront à cette histoire.)

4 commentaires:

  1. Merci pour ce magnifique article d'éveil à la Protection Animale.. dans ce domaine, il y a malheureusement de quoi faire partout dans le monde !
    Très belles photos aussi, je suis comblée !

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    1. Effectivement, malheureusement, y a de quoi faire partout, y a l'embarras du choix pour soutenir une action de quelque façon que ce soit. Et si jamais je peux aider un peu celle-ci en en parlant, alors tant mieux !

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  2. Magnifique reportage .
    Mais je me demande quel peut être l'avenir de tous ces chats car la créatrice des lieux n'est pas éternelle.
    Ils ne sont pas epais comment arrive t on a les nourrir? Et une telle quantité de chats s'il y a des épidémies c'est terrible .
    En tous les cas un immense bravo à ceux et celles qui font tout ce qu'ils peuvent pour eux et merci de tenter de faire connaître cette histoire .

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    1. Le but est de les faire adopter, donc il est a espérer qu'il y ait moins de chats avec le temps ! Et Teviot est locataire des lieux, elle travaille en accord avec le propriétaire qui a commencé à s'occuper de chats errants bien avant son arrivée... elle n'est pas seule, les chats sont bien entourés !

      Ils sont plutôt bien nourris, pour ce que j'en ai vu. Certains ne sont pas très épais, mais aucun n'est affamé, ça c'est sur !

      Et pour ce qui est des maladies, épidémies... ils sont soignés, Teviot et les volontaires en prennent soin, mais évidement avec des moyens limités. Le nombre est un risque, mais quelle autre solution ? Certains seraient morts s'ils n'avaient pas été recueillis par Teviot. Alors, à choisir... (Malheureusement, est-ce qu'il y a un choix ?)

      Merci pour le commentaire :)

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