lundi 9 février 2015

Cambodge : une nouvelle aventure.

Chiang Mai, jeudi 5 février, 18h.
On a réservé à la guesthouse un trajet complet pour Siem Reap, au Cambodge. L'heure des au-revoir est expéditive quand notre chauffeur vient nous chercher, il faut vite partir, quitter les nouveaux amis, et surtout Aurélie. Après deux mois à voyager avec elle, c'est étrange de voir Kévin assis en face de moi à l'arrière du tuk tuk... Mais on se retrouvera vite, trois semaines dans un si long voyage ce n'est presque rien...

Sur un parking perdu dans la ville, on embarque dans le bus pour Bangkok. Il est quasiment plein, on s'installe où on peu, et on passe la nuit à somnoler autant que possible avant et après l'unique pause à 1h15 ; expérience très inconfortable qu'on essaiera d'éviter à l'avenir...

Bangkok, vendredi 6 février, 6h.
Le bus s'arrête, le chauffeur dit "Bangkok, Bangkok", et tout le monde descend. On n'a aucune idée de l'endroit où on est, ni de celui où on est sensé prendre le bus suivant... Peut-être que ce n'était pas une si bonne idée de faire confiance à la guesthouse pour le trajet "direct" ? À peine réveillés, il nous faut un moment avant de comprendre en regardant nos tickets qu'on devrait à priori se rendre dans une agence sur Kao San road. Un conducteur de tuk-tuk sympa nous dit qu'on est juste à côté, on trouve l'agence dans une petite allée perpendiculaire, et on pose nos sacs parce que c'est fermé et que le gars du café d'à côté nous dit d'attendre.

À 8h, un Thai aux allures de cowboy vient nous chercher, récupère nos tickets et nous dit de le suivre jusqu'à un minibus. On est dix dedans, tous aussi peu informés par le trajet. La route est longue est ponctuée d'arrêts pour recharger le minivan qui roule au gaz, chaque fois dans des endroits qui brassent des flots continus de voyageurs. Quand on arrive à Poipet, la ville frontalière, on s'arrête devant une terrasse à l'arrière d'un restaurant et on nous dit qu'il faut descendre pour changer de bus. Ok...

Et on attend. Longtemps. On vient nous chercher par petits groupes ; avec Kévin on ne se pose pas tellement de questions, jusqu'au moment où on se fait conduire dans un bureau pour faire les visas Cambodgiens. On était pourtant informés, on s'était renseignés, on savait que les arnaques étaient partout, mais... quand on nous dit qu'il faut payer l'équivalent de 50 dollars, on n'a même pas le courage d'essayer de contourner ça. On aurait dû payer 30€ pour un visa "on arrival" à la frontière, et on sait qu'il faudrait insister longuement pour qu'ils nous y conduisent sans qu'on leur donne plus d'argent. On choisi de laisser tomber. On les laisse faire nos visas, sans aucune envie de nous battre contre un système qui nous dégoûte, épuisés par le manque de sommeil et la chaleur ; plus vite on partira d'ici, mieux on se portera. Ce n'est probablement pas la meilleure solution, mais entre deux maux on a choisi celui qui nous était le moins contraignant ; la facilité de donner les billets...

Mais, si seulement c'était fini !

Un pick-up nous conduit, avec quelques autres personnes qui n'étaient pas avec nous ce matin, à la frontière où nous attend un Cambodgien qui se présente comme le chauffeur du bus suivant. Il a l'air sympathique et nous parle de son pays, expliquant que chez lui les distributeurs ne nous permettent que de retirer des dollars parce que les Cambodgiens n'ont pas de carte bleue ; il faut donc impérativement changer l'argent dans des bureaux, et il nous conseille de retirer dès maintenant suffisamment de bahts (monnaie Thaïlandaise), parce que le bureau de change après la frontière a un taux très avantageux... On hésite, on s'abstient. On le suit ensuite au poste Thaïlandais, on quitte le pays en un coup de tampon, puis on traverse à pieds ce qui est sensé être le no man's land : des boutiques partout, des véhicules dans tous les sens, une foule dense, un bordel incroyable dont je n'aurais jamais eu idée... Puis vient le poste de contrôle Cambodgien où on attend longuement notre tour avant d'enfin pouvoir entrer sur le territoire. Notre chauffeur nous attend de l'autre côté et nous fait monter dans un bus, avec quelques passagers supplémentaires. Il ne conduit pas, et nous explique qu'on va devoir à nouveau changer de bus ; mais avant, on peut récupérer des riels (monnaie Cambodgienne)... Après de rapides calculs des taux de change, on s'aperçoit qu'il est bien plus avantageux de convertir des dollars plutôt que des baths (ah, c'est donc pour ça qu'il nous avait suggéré de retirer tout ce dont on avait besoin avant de passer la frontière ?...). À 17h30, on monte finalement dans le dernier bus de la journée ; il s'arrête (évidement) dans un restaurant pour dîner, et à 21h45 on pose enfin les pieds à Siem Reap. Là-bas, il ne nous reste qu'à payer un tuk-tuk pour rejoindre une guesthouse...

Donc non, ce n'était vraiment pas une si bonne idée de faire confiance à la gentille employée de la guesthouse pour réserver ce trajet qui nous semblait plus simple et nous permettait de passer un peu plus de temps à Chiang Mai avant de partir...

Mais tant pis, on est arrivés et tout va bien, c'est tout ce qui compte.


Est-ce vraiment une surprise de s'apercevoir que les distributeurs nous proposent de retirer des dollars et des riels ?

(Peu importe...)

Ce qui nous étonne, par contre, c'est de voir les prix affichés uniquement en dollars. Dans les guesthouses, les restaurants, les magasins, partout ! Et on nous rend la monnaie en riels... ou bien les deux mélangés. Difficile au début d'être sûrs d'avoir le bon appoint (c'est loin d'être toujours le cas), on s'y perd dans les conversions, on réfléchi en baths et les euros semblent si loin...

C'est un autre monde.

Mais on s'y fait.
On en vient rapidement à payer avec deux monnaies différentes, on joue le jeu, on retient ; un café pour 0,50 dollars ? Facile, 2000 riels. Un plat pour 1,25 dollars ? On paye avec un dollar et 1000 riels.

On prend nos marques.

Et on est pas mécontents de découvrir un nouveau monde. 


En suivant les conseils de voyageurs croisés à Chiang Mai, on pose nos sacs à Garden Village pour deux nuits. La petite chambre en bambou contribue grandement au plaisir d'être ici : pour quatre dollars chacun, on n'est pas isolés du bruit mais on dort dans un cocon sous les moustiquaires avec le vent qui traverse les murs.


Voilà, il est là le changement dont j'avais tant besoin après trois semaines d'immobilité.
C'est exactement pour tout ça qu'on a quitté la Thaïlande plutôt que de prolonger le visa...
Aller voir ailleurs, changer d'air, perdre ses repères, découvrir un autre monde, repousser ses limites, s'adapter à un nouveau mode de vie, se perdre, apprendre, voir, connaître, se plonger dans l'inconnu. Puisqu'il en faut toujours plus, on envisage de faire du stop, d'aller marcher dans les parcs nationaux, de planter les tentes dans la nature au hasard du trajet, et laisser l'imprévu jouer le rôle principal dans le quotidien...

On ne savait rien du Cambodge avant de venir.
On a tout à découvrir, un pays entier à explorer.

Rien que la ville de Siem Reap est déstabilisante au début.

Et un peu plus au nord, il y a Angkor...

Mais c'est une autre histoire.
 

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