mercredi 25 février 2015

Cambodge : Koh Rong.

Un bateau, appelé le backpacker special (c'est bien plus vendeur que "le moins cher et plus lent des ferrys"), quitte le port de Sihanoukville pour voguer vers une île supposée paradisiaque. Les backpacks (sac à dos) sont entassés sur le pont, et les passagers (effectivement backpackers en grande majorité) sont éparpillés sur les quelques bancs, assis par terre, ou même allongés pour trouver un peu de repos dans les deux heures de traversée.


En approchant de l'île, impossible de ne pas lui trouver des airs de paradis, comme promis… Une eau turquoise et transparente, une plage blanche à perte de vue, des petits bateaux aux couleurs vives, des baraques en bois, et puis des palmiers, la jungle sur les montagnes…


On aurait bien envie de plonger aussitôt...
Mais la priorité en débarquant est de trouver où dormir.

Au pif, on commence par remonter la plage vers le nord : des bungalows avec vue sur la mer, des cabanes sur pilotis qui font rêver... mais pour 30$ la nuit, voire le double, on s'en passera. Au sud on trouve les guesthouses avec chambres à 15$ et lit en dortoir à 7$ minimum ; sauf que tout est complet, à cause du nouvel an chinois. Pas grave, on a nos tentes ! Et Kévin a trouvé une auberge où on peut laisser des affaires ; on prend le minimum, pensant revenir dans la soirée pour prendre une douche, on laisse les sacs et on suit le panneau Long Beach vers cet endroit dont on a entendu parler comme étant parfait pour camper. Après une grosse montée, des vacanciers croisés nous informent que notre destination est à une heure de là… Ok, on ne reviendra pas ce soir, tant pis, on a pris l'essentiel et la douche attendra. Une longue marche dans la jungle et une descente sportive plus tard, enfin, on y est. À peine le temps de voir le soleil se coucher, on s'installe un peu à l'écart de la foule (qui de toute façon s'en va bien vite en taxi-boat) ; mais quand je veux monter ma tente, un des arceaux craque. Heureusement (?) il y a plein de déchets abandonnés par les visiteurs précédents (…) et Kévin y trouve du scotch, ce qui me permet de faire une réparation temporaire à la lumière de mon téléphone portable (la lampe frontale étant restée dans le sac à la guesthouse...).

Dans la nuit il se met à pleuvoir.
(Mais la tente tient debout alors c'est pas grave.)
Le matin, c'est toujours instable.


On se baigne quand même pendant une accalmie, l'eau est chaude et les vagues nous amusent.

Puis on lit dans ma tente en attendant que ça passe ; mais un craquement soudain nous surprend : la réparation de l'arceau vient de lâcher ! Et le scotch trouvé la veille n'y peut plus rien, ma tente est inutilisable...

Mais inutile de ruminer en tournant en rond, on profite d'une éclaircie pour aller manger au restaurant du bout de la plage et réfléchir à la suite. On apprend là-bas que cette pluie est très inhabituelle, et ne devrait normalement pas se se reproduire. Puis en retournant vers notre campement instable, je croise un gars qui me lance "Do you want a tent ?"... Sans avoir eu le temps de réaliser ce qui se passait, me voilà avec une nouvelle tente offerte parce que "en trop". C'est tellement improbable qu'on a du mal à y croire...

En l'installant à la place de l'ancienne, je réalise que ses arceaux sont également très fragiles (un a cassé, mais tient quand même en place) et que la fermeture de la porte ne fonctionne plus (il n'y a donc que la moustiquaire). Mais tant qu'il ne pleut pas ça me va très bien !

Après ça, puisque le soleil s'est finalement montré, on peut enfin profiter sereinement de la plage.


[Et ça nous vaudra à tous les deux nos premiers coups de soleil.]


Malheureusement, la pluie revient la nuit suivante.
Ma nouvelle tente étant rapidement inondée, Kévin m'accueille sous la sienne qui, heureusement, est juste assez grande pour nous deux (et imperméable tant qu'on ne touche pas les parois). Le temps se calme après quelques heures de sommeil en plus, et on peut prendre la matinée pour tout faire sécher (au moins le climat est propice pour ça).


Puis on retourne au village comme si on revenait d'une expédition d'une semaine.

Une chambre est libre à l'auberge où on avait laissé nos sacs : à peine besoin d'y réfléchir, on la prend. Une douche (froide) extrêmement appréciable, une nuit de répit-repos... On en profite pour voir ce village à peine entraperçu à l'arrivée ; la nuit tous les bars-guesthouses sont pleins, les musiques se mélangent à qui résonnera le plus fort, une ambiance festive règne et on ne s'y fait pas, ça ressemble à ces îles (trop) paradisiaques dans lesquelles on se sait pas vraiment où trouver notre place.


Une ballade au nord confirme le malaise.
La plage est envahie, non pas de touristes (encore que...), mais de déchets.

C'est impressionnant, écoeurant...


Le lendemain, c'est assez pour nous.
Avec un mal de ventre qui m'empêche d'aller explorer des coins moins visités, on laisse tomber. Pas envie de rester plus longtemps dans le village. Le backapcker special nous ramène sur le continent.
 
Et on retiendra surtout de cette île qu'elle a dû être magnifique il y a encore peu de temps...
(Ou qu'il faut mériter l'accès aux endroits encore préservés.)
 

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