samedi 21 février 2015

Cambodge : hors des sentiers battus.

Chiang Mai – Bangkok – Siem Reap – Phnom Penh…
Pas moyen de sortir des circuits ordinaires.
Pas moyen de quitter les foules.
Si on s'en tient à prendre des bus on est coincés, forcés à aller de ville en ville en n'apercevant le reste du pays qu'à travers des vitres sales ; ou en respirant une nuit entière la terre rouge de la route Siem Reap – Phnom Penh dans un bus couchette dangereux pour la santé de ses passagers (on en a eu la confirmation plus tard : cette route est à éviter à tout prix!).


Ça nous démangeait depuis un moment…
Envie d'aventure, de voyager différemment...
On voulait voir un autre Cambodge...
Quitter les villes, laisser la trop touristique Siem Reap derrière nous et ne pas s'attarder dans une capitale qui, bien que moins transformée par la présence des étrangers, reste un endroit bien trop citadin pour qu'on y trouve notre bonheur.

Alors on prend un dernier bus, dont l'air conditionné me donne un rhume que je traînerai encore une semaine plus tard, on descend à Kampot et, alors que le soleil disparaît déjà derrière l'horizon, on commence à marcher.
   
La première nuit, on plante nos tentes au bord d'un champ. Pas de vue extraordinaire, mais un sol plat et un sommeil camouflé par l'obscurité ; on n'a besoin de rien de plus !

Et au réveil…
À 6H30, levés avec le soleil et les poules, on remballe le campement en répondant aux « Hello » continus des enfants à vélo qui nous croisent sur le chemin de l'école. Surpris de nous voir là, amusés, certains y trouvant une occasion de pratiquer leur anglais, comme ces trois gamines qui discutent cinq minutes avec nous : « What is your name ? How old are you ? Where are your from ? How many sisters and brothers do you have ?... » Et puis elles filent, « bye bye !».

Pendant deux heures, on marche.


Sur des petits chemins, au bord de la grande route...
Devant les maisons, des « Hello » retentissent, on tourne la tête, on voit les bras des enfants s'agiter, on répond « Hello ! » ou parfois « Suesday » dans un accent très approximatif... On nous demande « where are you going ? » ; on répond « oh, just walking… over there... ».

Juste heureux d'aller si lentement.


Quand le soleil commence à cogner, il est temps de faire une pause ; mais avant qu'on puisse trouver un endroit ombragé, un pick up s'arrête à notre hauteur : « Are you going to Kep ? » « Well, yes... » « then jump in ! » ; et nous voilà à l'arrière, cheveux aux vents, la route défile et c'est bien aussi, on n'en revient pas de la chance qu'on a.


A Kep, la journée s'étire.
On y arrive bien plus tôt qu'on n'aurait pu l'espérer.
10H, sur la plage…
 

Une demi-heure de balade jusqu'au marché aux crabes, moins d'un dollar chacun pour déjeuner (sur les stands, pas aux restaurants où les prix sont au moins triplés), quelques kilomètres jusqu'à l'entrée du parc national et on dépose nos sacs (ce qui est un très grand soulagement, après les avoir portés tout ce temps sous le soleil au zénith...) ; on repart légers sur le sentier qui longe une colline, puis on grimpe vers le sommet où on ne voit rien d'autre que des arbres... alors on redescend sur ce qui est appelé « jungle path », un sentier « aventureux » pour les randonneurs avertis (on l'aurait bien évité, mais on n'avait plus tellement le choix ; et finalement, c'était plutôt drôle…).


Après beaucoup d'efforts, on n'a plus qu'à marcher encore une heure pour récupérer nos sacs, puis une bonne demi-heure de plus jusqu'à la ville, ensuite il faut trouver un endroit où dormir, on se renseigne pour voir si on peut camper sur la plage : non ! mais n'importe où ailleurs c'est autorisé… Alors, rassurés, on achète des bières et on pose les sacs au bord de l'eau. Et on souffle. Et on sourit de se sentir épuisés, parce que cette fatigue a un goût de liberté.
 

Le jour suivant, on fait demi-tour.
On décide d'y aller doucement, encore fatigués de la veille.
On marche un peu, au bord de la route, refusant les propositions des tuk tuks voulant nous conduire à Kampot pour 15 dollars, on dit « no, awkoon ! »… 


Mais le soleil cogne déjà, aucun arbre à l'horizon, et on n'a pas envie de s'épuiser. Pause. Un véhicule m'intrigue au loin : une moto tirant une de ces remorques qu'on voit souvent pleines de passagers… celle-ci est vide, alors on tend le bras (signe ici pour faire du stop), le conducteur a l'air très surpris mais s'arrête. Il ne parle pas anglais... pas grave, on demande « Kampot ? », on montre sa remorque pour nous faire comprendre, il semble hésiter… mais nous fait signe de monter. Et là, cet air de liberté… qu'il est agréable !

On se protège du soleil comme on peut...

De retour à Kampot, on suit les indications d'un voyageur croisé à Phnom Penh et on prend une chambre à deux kilomètres au nord de la ville, dans une guesthouse posée au bord de la rivière.

Du repos, juste un peu de confort.

Mais très vite, une nouvelle idée esquisse la suite du voyage...
    
À suivre.

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