mardi 27 janvier 2015

Thailande : Elephant Nature Park

En marchant dans la vieille ville de Chiang Mai, on voit des dizaine de bureaux d'excursions et des centaines d'affiches promouvant, entre autres activités, des balades à dos d'éléphant. Ça a l'air sympa, hein, et tellement exotique... grimper sur un de ces énormes animaux, sentir les muscles de son dos bouger (enfin je suppose... à moins qu'on ne perçoive rien, assis sur une nacelle bien accrochée sur sa colonne vertébrale ?) et le voir avancer lentement dans son milieu naturel (ou plutôt sa prison ?), guidé par son propriétaire (est-ce que si je dis tortionnaire c'est trop fort ?)...

Bref, non, "faire de l'éléphant", même pas besoin de se poser la question, on n'aurait fait ça pour rien au monde. À ceux qui ne comprendraient pas mon avis si tranché, je recommande vivement la lecture de cet article.


Alors pourquoi on a décidé de visiter l'Elephant Nature Park ?
  
Parce que, d'abord, on avait un peu envie de voir des éléphants.
Parce que, quitte à jouer les touristes, autant le faire intelligemment. 
Parce qu'on s'est bien renseignée sur le sujet.
Parce qu'on a trouvé un endroit dont le but initial de recueillir les animaux pour leur offrir une nouvelle vie.
Parce que, là-bas, personne ne monte sur le dos des pachydermes.
Parce que les gens qui y travaillent sont concernés par leur bonheur.
Et puis parce que payer 2500 baths (68€) nous permet de soutenir leurs actions.


On part là-bas en minivan, dépassant sur la route plusieurs parcs où les éléphants sont enchainés et arnachés ; quand on arrive dans celui qu'on a choisi, le contraste est flagrant : les animaux sont éparpillés, libres d'aller où ils le veulent.

Dès notre arrivée, on commence par les nourrir en leur tendant des pastèques et des bananes, qu'ils attrapent avec la trompe pour les mettre dans la bouche. Puis on va faire un tour avec le guide et notre groupe de douze personnes (il y en a d'autres, des groupes, le parc est bien rempli...), on rencontre des éléphants, on leur dit bonjour en approchant par le côté (surtout pas de face, ils aiment pas ça ; ni de derrière, ils pourraient avoir peur), on découvre leur histoire...
  
Vous voyez la une fleur comme boucle d'oreille ? Coquetterie qui comble le trou laissé par le crochet autrefois utilisé pour la dresser.
Cet éléphanteau a marché sur une mine qui a fait exploser sa patte ; il va falloir plusieurs années de soins quotidiens pour qu'il s'en remette vraiment.
Elle, son ancien propriétaire tortionnaire voulait absolument qu'elle lui fournisse des éléphanteaux (plus d'éléphants = plus d'argent) ; alors il l'a attachée pour la forcer à procréer. Mais elle ne voulait pas, et résistait aux mâles qu'on lui amenait ; sauf qu'un éléphant mâle c'est assez costaud quand même... et l'un d'eux a fini par lui casser la hanche.

Il y a plusieurs familles, sans aucun rapport avec des liens de sang : ils se choisissent eux mêmes et restent ensemble. Certains préfèrent être seuls, souvent des mâles ou les plus âgés. On les observe, on prend des photos, on les touche, on les regarde manger... La nourriture semble être le seul moyen qu'ont les guides pour se faire "obéir" (c'est à dire pour les faire aller quelque part, ou bien les faire rester à un endroit... je pense pas qu'il y ait plus d'ordres que ça) ; ça, la parole et quelques gestes d'encouragement. C'est tout.


11h30 c'est l'heure du repas pour nous aussi, un énorme buffet végétarien. Puis on a quartier libre ; un documentaire est projeté, mais avec Aurélie on en a déjà vu quelque uns de ce genre, montrant la maltraitance des éléphants... Alors aujourd'hui on préfère passer le temps en compagnie des chats, d'autres réfugiés du centre.


13h, on se retrouve tous à la rivière, c'est l'heure de laver les éléphants. Ils sont alignés dans l'eau, impassibles, concentrés sur la nourriture qui a été mise devant eux... et n'ont par l'air très concernés par tous les gens qui leur jettent des seaux d'eau sous les encouragements des guides.


Et le reste de la journée, on passe notre temps à observer les éléphants déambuler autour de nous, prendre des photos, discuter, regarder les (gros) bébés protégés par les plus grands, faire une pause ice tea & cookies, aller voir un éléphant tout juste sauvé et ramené au centre, observer les anciens qui viennent le rencontrer, prendre des photos, retourner voir les chats, dire bonjour à quelques chiens, retourner voir les pachydermes...


Bref, on a vu des éléphants.


On avait réservé des places sans trop y réfléchir, à partir du moment où on savait que notre argent serait bien utilisé : pas tellement pour nous, mais plutôt pour les animaux du centre. On a donné, on y est allées, on a vu des éléphants heureux. Si on met de côté l'aspect ultra touristique et un peu surpeuplé, c'était plutôt une belle journée.

4 commentaires:

  1. Mais quelle horreur ! Tristement instructif !
    "Ultra touristique et un peu surpeuplé"... j'ai envie de dire tant mieux si les responsables ne vivent que de ça pour aider tous ces animaux !

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    1. Oui, tant mieux finalement !
      Ils reçoivent des dons aussi, mais quand on sait qu'ils achètent tous les éléphants qu'ils recueillent (parce que, même si leur propriétaire n'en veut plus, il ne s'en débarrasse pas gratuitement...), on n'a aucun mal à payer une petite somme pour passer la journée dans le parc.

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  2. Beaucoup de bonheur de lire qu il y a aussi par la des gens qui respectent la vie animale , les traitent bien dignement et avec amour .

    Pour les autres ...l'enfer ...pour la connerie du touriste qui consomme, du mépris du dégoût .
    Merci pour ce beau reportage.

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    1. Oui il y en a, des gens bien, un peu partout... ils sont juste moins visibles que les autres, ceux qui gagnent plein d'argent et le dépensent pour en gagner encore plus, sans se soucier du bien être des animaux. Et malheureusement, bien souvent les gens ne savent pas comment sont traités les éléphants. On n'imagine pas la torture quand on voit de belles images touristiques !

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