samedi 24 janvier 2015

Remonter le Mékong en slow boat...

À Luang Prabang, sur la terrasse d'un restaurant indien, on avait croisé un Français qui s'apprêtait à emprunter la même route que nous. On s'était donné rendez-vous le surlendemain au croisement principal de la ville ; le jour dit, il a magnifiquement négocié un tuk tuk (des années de pratique...) et on est partis vers le port.


Un endroit perdu à 10km de Luang Prabang.
Presque personne, on est arrivés une heure en avance...
Une Suisse et un Italien, avec qui on discute.
On attend, patiemment.
On prend les billets (110 000 kips, on est millionnaires ici mais ça fait à peine 12€).
On monte dans le bateau.
On attend, encore, tranquillement.
Vers 9h le slow boat s'est rempli (ou presque, on a quand même de l'espace, chacun sur un des doubles sièges qui ont bien l'air d'avoir été récupérés dans des bus, ne sont pas fixés au sol et sont plus ou moins vieux / confortables / abimés...).
   
On quitte la rive pour remonter le Mékong.


Au départ la brume nous entoure. Le moteur ronronne bruyamment, rien ne protège du vent qui nous glace, on a enfilé toutes les couches possibles, capuches, foulards... Plus ou moins recroquevillés de chaque côté de l'allée, on discute en attendant que le soleil perce.

Et moi je m'endors, assommée par la fatigue après une nuit d'à peine deux heures.


Somnolence, les yeux s'ouvrent de temps en temps.
Les nuages se dissipent au fil des heures...
Jusqu'à disparaitre.


Le long bateau de bois navigue à contre courant.
Le soleil réchauffe, et puis cogne même.
On laisse filer le temps...


La première journée passe, comme ça.
Neuf heures sur l'eau...

Il faut s'arrêter pour la nuit à Pakbeng, petit village qui vit du tourisme au rythme des slow boats.
On y trouve une guesthouse, on pose les sacs et on sort manger, tous les quatre, avec le français et la suisse. Une bière, puis deux. Et la soirée passe, comme ça... Agréable de simplicité. Luang Prabang parait déjà si loin !


Le lendemain, on recommence.
On remonte dans le bateau, on débourse à nouveau 110 000 kips, et c'est reparti pour huit heures.

Beaucoup moins de monde qu'hier. Apparemment, il est plus courant de faire la traversée dans l'autre sens (en descendant le Mékong ; logique...). Et certains n'en font qu'une partie, prenant un bus pour la deuxième journée (ou continuant ailleurs, comme Alain qui n'est pas reparti avec nous).



La remontée continue...

Il y a parfois de courts arrêts dans des villages, juste le temps d'embarquer ou débarquer des Laos ; ce qui ravit beaucoup de passagers avides de photos aux couleurs locales... (Je n'en ai pas fait.)

On croise d'autres bateaux, privés ou touristiques haut de gamme...


Et de temps en temps, un speed boat nous dépasse à toute vitesse. On se dit qu'on est mille fois mieux dans notre lente embarcation plutôt que sur une de ces barques, où le port du casque est indispensable (ou son absence légèrement suicidaire), dont le bruit doit être insupportable, et qui font en quelques heures le trajet qu'on parcourt en deux jours.


À part ça...
Quoi ?
Rien.

Regarder le paysage, laisser le temps filer, profiter du vent qui rend la température parfaite, discuter, grignoter, laisser son regard se perdre dans les vagues, scruter les montagnes, se laisser bercer, somnoler sous le bourdonnement du moteur...


Puis arrive le moment où le Mékong devient frontière.
À gauche la Thailande, à droite le Laos.
La différence est parfois flagrante...
(À gauche, une rive en chantier pleine de bâtiments, à droite des cabanes et une nature vierge.)


Alors, déjà, la fin est là.
Le slow boat s'arrête à Houexay, ville frontalière du Laos.
Et il faut rejoindre la terre ferme pour traverser du côté Thai...


Avant de partir de France, je ne savais presque rien sur le Mékong (et pas beaucoup plus sur l'Asie en général, d'ailleurs) ; y naviguer ne me serait jamais venu à l'esprit. Mais plus on s'est rapprochées du Laos, et plus on s'informait... à un moment, je ne sais où, j'ai lu "slow boat sur le Mékong" et l'idée ne m'a plus quittée. On pensait au départ pouvoir le descendre entre la Chine et la Thailande, mais ces trajets n'existent plus (trop dangereux...) ; pas grave, j'avais la solution de secours au Laos ! Et ces deux jours n'auraient pas pu mieux tomber, après les tumultes de Luang Prabang.

Se laisser glisser au fil de l'eau...
 

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