dimanche 21 décembre 2014

Sur l'île d'Olkhon

Depuis Irkutsk, un minivan nous récupère au saut du lit pour nous emmener jusqu'au lac Baïkal et, plus précisément, sur la plus grande de ses îles. Avec deux voyageurs Coréens, on roule pendant 6 heures sur des routes bosselées ; ça remue sans arrêt, mais il fait tellement chaud que tout le monde somnole rapidement. Les fenêtres givrées laissent à peine entrevoir un paysage de steppes et de montagnes. Lorsqu'on arrive sur l'île, après une traversée en ferry, les routes nous secouent encore plus et les kilomètres défilent, j'ai hâte de descendre, je ne me rendais pas compte à quel point c'est grand...
  
  
On pose nos sacs pour trois nuits dans l'auberge la plus recommandée des routards : chez Nikita. Une chambre, des toilettes communes, un bania normalement gratuit mais qui ne fonctionne pas, alors une douche dans une autre chambre, trois repas par jour vraiment bons et conséquents compris dans le prix, du wifi payant, des employés souriants, un chat fou et deux chiens beaucoup plus amicaux... On y est plutôt bien !
Mais le plus intéressant, c'est quand même ce qu'il y a dehors...
  

L'île s'appelle Ольхон... "Alrhoon" ou quelque chose comme ça. Il y a au milieu cette lettre qui se prononce comme la jota espagnole, étrangère à nos oreilles et à nos bouches. Je sais maintenant lire le cyrillique, mais le dire est une autre histoire. C'est pas très grave. Dans l'auberge ils parlent (presque) tous anglais, certains même français ; dans le village (Хужир, ou "Rhouzir"... même problème) on arrive à se faire comprendre avec les quelques mots plus faciles appris par cœur. Et puis, de toute façon, il n'y a pas grand monde à qui parler...


Les chiens nous accompagnent pour une ballade de quelques heures dans les rues désertiques. On pourrait se croire dans un western, si tout n'était pas écrit en cyrillique. Le vent souffle, les aboiements résonnent, les maisons et les palissades de bois se succèdent en un alignement désordonné, les 4x4 roulent sans se soucier de suivre une route tracée...

En marchant au hasard, on arrive à un port abandonné où les bateaux rouillés sont pris dans la glace ; l'ambiance y est encore plus étrange.


Et puis il y a le reste de l'île...
À deux pas du village, un rocher chamanique et une plage désertique.


Plus loin encore, il y a... la nature, simplement.
Le lac bordé d'une épaisse couche de glace au relief aléatoire formé par les vagues, une forêt, des montagnes désertiques ou le vent se déchaine, des falaises, des plaines où la neige a été emportée par les bourrasques... 

  
À sept dans un minivan, on roule vers la pointe nord et les routes deviennent pistes avant de disparaitre complètement. Parfois ça dérape, ça patine sur des plaques de neige verglacées, on est secoués, remués sans arrêt, ma tête heurte de temps en temps le plafond, Aurélie a toujours mal de sa chute dans le transsibérien... mais, quand même, comme ça en vaut la peine!
  
   
Les 10€ dépensés pour l'excursion nous paraissent dérisoires.
Au bout, tout au nord de l'île, notre conducteur et guide nous fait comprendre que l'endroit est chargé d'énergie positive. On n'a pas plus de précisions puisqu'il ne parle pas anglais... mais les arbres aux branches pleines de rubans parlent d'eux-même. Et puis, qu'est-ce que c'est beau !


Trois nuits, trois petits jours.
Puis on s'en va déjà.
On prend un nouveau train, où on ressent la nostalgie du précédent.
Une nuit seulement jusqu'à Oulan-Oude (Улан-Удэ, facile !), où on s'accorde une pause en couchsurfing.

Après... il y a la Mongolie.
 

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