mercredi 20 août 2014

L'échappée bretonne.

[Lundi.]
On devrait partir aujourd'hui.
Oui, mais... La soirée d'hier, la fatigue, et puis j'ai pas conduit depuis un an, j'le sens pas trop là...

[Mardi.]
Des averses inquiètent au réveil, mais la voiture démarre sous une éclaircie. Cette fois on est partis. Un trajet court pour reprendre confiance en ma conduite, et nous voilà au milieu de la forêt du Gâvre, moteur coupé. Deux heures de marche au milieu des arbres, au hasard.


La nuit nous offre le confort d'une maison briéronne avec connexion internet, luxe qu'on s'octroie pour passer un moment avec deux amies réunies presque par hasard en Macédoine.

[Mercredi.]
Les routes de campagne défilent jusqu'à Paimpont, sous un ciel chargé d'averses. Mais le temps instable n'arrête pas les vacanciers qui remplissent les parkings ; on s'ajoute au nombre de promeneurs qui s'enfoncent dans la forêt de Brocéliande, et puis on les quitte sur un chemin moins emprunté.


3h30 plus tard, en achevant une boucle de 15 kilomètres, on comprend que le plus beau de la forêt (sur notre sentier du moins) se trouve finalement au Val sans Retour, l'endroit le plus visité de Brocéliande.

19h. On dort où ?
Retour en voiture. Un parking, plus loin. Un sentier. Un endroit parfait, isolé, au bord d'un ruisseau... on s'arrête pour y bivouaquer (camper est interdit, la différence est subtile) et nous voilà seuls au milieu de la forêt ; on s'endort enveloppés d'un silence assourdissant.


[Jeudi.]
Il y a quelque chose de magique à se réveiller ici, sortir de la tente et ne rien voir d'autre qu'une nature brute. On s'en va sans laisser aucune trace derrière nous ; la route défile à nouveau, cap vers l'ouest.

À Huelgoat, on gare la voiture sans vraiment savoir ce qu'on peut y voir ; juste parce qu'on me l'avait conseillé. Deux heures de marche plus tard, on a compris pourquoi.


Mes photos ne montrent pas le quart de ce qu'on voit. (Il y a de ces endroits, de ces moments qu'on ne parvient pas à figer en images.) Un chaos rocheux impressionnant traversé par un ruisseau, le sentier qui serpente dans la forêt, les arbres recouverts de mousse... Il faut y être, simplement.

La pluie revient, encore une fois, on reprend la route. 
À l'ouest, toujours à l'ouest...
Jusqu'à atteindre la mer.
On a suivi des coordonnées GPS notées à la hâte avant de partir, sans vraiment être sûrs de ce qu'on y trouverait. On s'arrête, on hésite, on avance encore un peu, on se gare à nouveau, on traverse des broussailles, et... il est là, l'endroit parfait pour la nuit ! Un espace tout juste assez grand et plat pour y planter la tente, à l'abri des regards, au sommet d'une falaise, avec l'océan à perte de vue... On s'endormira bercés par les vagues.


[Vendredi.]
Crozon, avec un temps magnifique. (Les averses ont disparu.)
Un arrêt à l'office de tourisme pour trouver une carte de la presqu'île, un peu plus de route, quelques kilomètres de marche jusqu'à l'île vierge qui baigne dans un cadre idyllique...


...une crêperie sur le port de Camaret-sur-Mer, une route qui longe la côte, un arrêt à la pointe des Espagnols, avec vue sur Brest, au milieu des touristes...


...et retour en voiture, ça défile, on remonte vers le nord, on s'arrête parfois, juste le temps de quelques photos...


...on essaie de nouvelles coordonnées GPS, l'endroit est beau mais impossible d'y faire du camping sauvage...


... alors on repart, on remonte encore plus au nord, on longe la côte (à ce stade il me faut préciser que je suis la seule à avoir le permis, donc à conduire), l'heure et le compteur tournent, la fatigue s'installe, il est vraiment temps de trouver un endroit où s'arrêter. En apercevant un panneau indiquant "camping" on n'hésite pas, tant pis, on payera notre nuit ce soir ; et puis c'est même pas 5€ chacun. Une douche, un apéro sur la plage, et tout va parfaitement bien.

[Samedi.]
L'air matinal est frais. On prend notre temps, pour une fois. On laisse s'évaporer la rosée qui a recouvert la tente pendant la nuit. En partant, on sait exactement où aller. La route empruntée la veille nous avait donné envie de nous arrêter, mais la fatigue nous en avait empêchés ; alors on y retourne.


Des arrêts photos, garés sur le bas-côté...


... une balade sur un bout du sentier qui longe la côte...


...et puis déjà le bitume quitte la mer, on rentre dans les terres et l'océan n'est plus visible.
Alors, ensuite ?
On roule au hasard.
On hésite.
On part vers le sud.
On tourne à droite, vers la mer.
On se dit qu'une île serait un bon endroit pour finir le voyage.
On vise celles au large de Quiberon.
Les kilomètres s'enchaînent, sur la nationale, Sting en fond sonore endort Philippe, les voitures filent à toute vitesse, devant, derrière, sur le côté, en sens inverse, le soleil tape sur mon bras gauche, je m'arrête dans une station essence, un café, on est encore à deux heures de route de Quiberon, Philippe cherche sur la carte un endroit où faire une vraie pause, une plus reposante que celle prise sur une aire d'autoroute, et je coupe le moteur à Saint-Cado ; ce n'est qu'une petite île entourée par un sentier parcouru en moins de vingt minutes, envahie de touristes, mais le paysage est beau et l'air frais éveille.

Au tout début de la presqu'île de Quiberon, on s'arrête sur une plage magnifique. La mer est haute, le soleil éclate sur les vagues...


Quelques sms échangés avec un ami pour lui demander conseil sur cette région qu'il connait bien, et nous voilà invités à planter la tente dans le jardin de ses parents partis en vacances. On approche du bout de la presqu'île, la circulation se densifie, et on réalise finalement qu'on est en plein week-end du 15 août...

[Dimanche.]
Entre hier et ce matin, on a laissé tomber l'idée des îles. Même celles du golfe du Morbihan, les parkings remplis dès 10h nous ont rebutés. À l'évidence, la foule est partout. On fuit. On décide d'un dernier arrêt en bord de mer, on choisit Penestin, on peste dans les bouchons pendant 20 bonnes minutes avant de finalement poser les pieds sur le sable. Une dernière balade, un dernier pique-nique, et puis on rentre.


Fatigués.
Mais pleins d'énergie.

Il n'y avait pas de but particulier dans ce voyage. C'était juste une escapade de quelques jours, une façon de changer d'air, de sortir du quotidien. Une réponse à un besoin d'ailleurs. Pas besoin d'aller très loin...

Une conclusion ?
Regarder à deux fois le calendrier avant de partir.
 

4 commentaires:

  1. C'est quoi la différence entre le camping sauvage et le bivouac du coup ?

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    1. Bivouac : campement rudimentaire et provisoire en plein air.
      Camping : activité qui consiste à rester au même endroit sous une tente.
      Différence subtile, donc... En gros le bivouac concerne le camping d'une nuit, avec pas plus de matériel qu'une tente / un hamac / un abri monté le soir et démonté le matin suivant. Et le camping, ça serait plutôt un bivouac de longue durée, avec possiblement plus de confort et de prise de possession de l'endroit...

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    2. J'espère ne jamais croiser un garde champêtre à qui expliquer cette subtilité... :')

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    3. C'est ce qu'on s'est dit aussi...
      Mais en principe si ça se passe pas en pleine journée, si on s'étale pas avec plus de matériel qu'on ne pourrait en porter longtemps (des chaises de camping, par exemple...), si on sourit, si on est polis, si on accepte de lever le camp aussitôt.... faudrait vraiment tomber sur LE mauvais garde champêtre pour avoir des problèmes !

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