mardi 12 août 2014

C'est plus facile quant on part...


Dire au revoir.
Tourner le dos.
Avancer,
sans se retourner.


(Islande, 2012)
  
Et laisser des gens derrière soi.
Les racines, celles qui font revenir sans cesse comme des aimants...Évidemment, non, c'est pas facile.
Mais il faut bien s'y résigner.
(C'est notre choix après tout.)
Et ça ne s'efface pas en multipliant les départs, m'a confié un jour un grand voyageur : même après 10 ans de vagabondages et d'aller-retours, c'est toujours difficile de tout quitter. Jamais naturel.

Mais voilà, parfois c'est nous qui restons derrière en regardant les autres partir. C'est dur pour eux aussi, ça se voit, on ne peut que compatir et acquiescer à leur envie utopique de tout emporter avec eux. Leur façon de dire "j'aime pas les au revoir" est familière. Il n'y a même pas de solution à trouver, ni de conseil à donner ; les "ça passera" et "n'y pense pas" sont ridicules d'évidence.

Ils s'en vont, on reste... et, alors que l'action du voyage étouffe le manque, l'absence s'impose dans les habitudes du quotidien.

C'est plus facile quand on part.

  
(Laponie, 2011)
   
Mais quand le virus vagabond se propage, les départs ressemblent à des adieu incertains.

Je dis au revoir, on me dit au revoir, on se dit à tout d'suite comme pour ne pas se prendre trop au sérieux, même si...
Qui sait quand on se croisera à nouveau ?
On essaiera.
On s'arrangera, autant que possible, pour laisser quelques jours de répit entre mon retour et leur départ ; ou l'inverse. Avec un peu d'imagination on pourrait même se rejoindre ailleurs, n'importe où dans le monde... qui sait ? Tout peut arriver, il n'y a pas d'autres limites que celles que l'on s'impose. Sauf qu'on comprend aussi très vite que les promesses peuvent être difficiles à tenir (parce que, donc, oui, tout peut arriver). Alors on se contente de rêver en attendant que le temps apporte les certitudes.

Je tourne le dos, ils tournent les talons...
On regarde droit devant et on y va.
  
(Écosse, 2011)

Il est parfois tentant d'envier ceux qui se plaisent dans la sédentarité, ceux qui voyagent pour changer d'air quelques semaines avant de revenir dans un cocon familier.

C'est pas faute d'avoir essayé, mais je me suis rendue à l'évidence : cette vie-là n'est pas la mienne. À peine un mois que je suis rentrée de Suède, et déjà l'envie de repartir me démange.

     
“We are torn between a nostalgia for the familiar and an urge for the foreign and strange.  As often as not, we are homesick most for the places we have never known.”  Carson McCullers

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