vendredi 1 septembre 2017

Une histoire de confiance

Le bus pour Cusco a de l'avance, étonnement (quoique vu comme le conducteur est enclin à la vitesse, ça n'est pas si surprenant). Il est 7h30, le froid ne m'a pas quittée de la nuit et le soleil commence à peine à réchauffer l'air. Marc a eu la bonne idée de demander à un employé du bus combien devrait coûter un taxi pour rejoindre le centre de la ville, et on ne se laisse pas avoir par ceux qui haussent les prix. 6 soles, no más ! Sur la Plaza de Armas, un repère central dans beaucoup de villes d'amérique latine, les rabatteurs sont déjà au rendez-vous pour nous proposer un logement, une excursion, un massage… No, gracias, no, gracias, no, gracias... Tout ce que je veux, là, c'est manger. Au hasard des rues, dans le premier endroit qu'on trouve ouvert, on engloutit un petit déjeuner au rapport quantité-prix très appréciable. Puis c'est une chambre qu'il nous faut trouver. Dans le quartier que j'avais repéré comme étant plein d'auberges, après avoir poussé quelques portes, on s'arrête dans un hôtel où une chambre double nous est proposée à moins de 8€, avec petit déjeuner, et avec le sourire. Imbattable.

Bienvenido a Cusco...


Cette journée est faite de vide. 
Une ballade, du temps mort. 
De la connexion virtuelle.
Une distanciation de la réalité.

Après le trek au canyon de Colca, en voyant approcher le moment de poursuivre le voyage seule, les peurs ont commencé à ressurgir. Je ne veux pas leur accorder trop d'importance, elles disparaîtront bien vite, j'en suis sûre, comme à chaque nouveau voyage... Elles n'ont rien de logique, et si je fixe ma raison sur elles je peux les voir pâlir, mais elles s'incrustent au quotidien dans un bourdonnement sourd et continu, ancrées à chacune des pensées conjuguées au futur.

samedi 26 août 2017

Acclimatation(s).

Arequipa, 2335 mètres d'altitude.
Ma tête s'embrume à l'arrivée, mais peut-être que les 57 heures de voyage y sont pour beaucoup.

Le bruit ne s'arrête jamais, même pas la nuit, les basses du club disco de l'autre côté de la rue se succèdent aux moteurs et klaxons des voitures. Les boules quiès sauvent mes oreilles, mais ne peuvent rien contre le froid qui s'infiltre dans la chambre. De jour, le soleil chauffe mes bras nus ; mais dès la tombée de la nuit, à 18h30, la température dégringole. Les soirées ne s'étirent pas sur le toit-terrasse de notre hostel, les moments de partage sont plus chaleureux à la lumière du jour.


On est désynchronisés, avec Marc. J'ai envie de prendre mon temps, je ne veux pas courir de lieu en lieu, voir les choses à voir, faire les choses à faire... Je ne sais toujours pas si j'irais au Macchu Pichu, mais je dirais à priori que non ; parce que c'est cher, et parce que je crois que je ne sais plus apprécier et m'émerveiller des endroits plein de monde, pas si c'est calculé et organisé. C'est tout autre chose que je viens chercher ici ; mais je ne suis pas sure de pouvoir bien le définir... Et Marc, lui, il a une chose en tête : retourner dans la communauté où on avait vécu deux mois au printemps dernier (ou plutôt, à l'automne austral). Si le Pérou le retient, c'est surtout parce qu'une amie doit nous rejoindre pour un week-end à la fin du mois. 

On n'avait aucun plan en arrivant ici, lui se laissant porter jusqu'au moment de retourner au Chili, et moi sans certitudes, sans but précis... Juste avec de vagues idées en tête, des endroits dont les noms avaient résonné plusieurs fois à mes oreilles. Cusco était mon point de repère, comme un aimant ; et sur la route, depuis Arequipa, il y avait le canyon de Colca.

lundi 21 août 2017

Comme si j'avais besoin de réviser la plus grande leçon du voyage...

Trois mois plus tard...
Me voilà revenue sur le continent américain.

[...]

Le retour imprévu en France a été difficile, vide de motivation et d'envies. Repartir n'était qu'une option faute de mieux. Alors que rester semblait n'avoir aucun sens, reprendre un billet pour l'inconnu s'est imposé comme la seule chose à faire. Sans savoir pourquoi. Sans savoir comment. Je sentais seulement qu'il me fallait bouger à nouveau, c'était comme une force invisible qui me tirait en avant.

Après un temps d'hésitation comme pour repousser la prise de décision, j'ai prévenu Marc que le moment était venu pour moi de prendre un billet d'avion. Aussi incertain que moi, il a acquiescé avec plus d'espoir que de motivation, et après des heures de recherches on a fini par réserver un trajet plein d'escales, aussi peu cher que possible, à des dates qui sonnaient juste, et pour la destination qu'on aurait dû suivre si la vie n'avait pas tout bouleversé en mai dernier : le Pérou.

Deux semaines avant de repartir, la sérénité était revenue en moi.
Les derniers jours ont été parfaits, la motivation et l'énergie avaient retrouvées leur place.
Sans attentes, le hasard et l'imprévu ont démultiplié les sourires.

Quand Marc m'a retrouvée à Paris, son énergie à lui était à plat. Le départ, autant que l'idée de rester, lui semblaient vide de sens ; il ne savait pas pourquoi il était là. Moi non plus en fait, mais j'avais une confiance aveugle, la certitude qu'il me fallait repartir. La raison deviendrait évidente plus tard, sans doute, comme souvent...


On s'en va.
On repart, encore.
Et ça nous semble tellement anodin.