jeudi 16 mars 2017

Une seconde pour tout bouleverser.

Ushuaia, le rêve vieux de cinq ans, est atteint et j'en suis déroutée.
Un peu comme la fois où j'ai mis les pieds au Taj Mahal.
Un peu comme si l'imaginaire collectif avait exagéré les traits.

C'est surtout l'idée d'un lieu extrême qui m'avait attirée ici. Après ceux du nord, au Svalbard et à Gamvik, je voulais voir le sud... Mais si les Argentins appellent Ushuaia le bout du monde, les Chiliens vous raconteront une toute autre histoire : celle de l'isla navarino, où se trouve la ville la plus australe du monde...


Pour une centaine d'euros, avec Marc, on a réservé nos places sur un petit bateau qui fait la traversée quotidiennement. On voit déjà l'île, toute proche… Mais l'heure est aléatoire ici, il faut attendre. Après une demi heure de traversée, nous voilà au Chili, au port qui fait office de poste frontalier, au milieu de rien. Les minutes s'égrainent encore, avant qu'un mini bus arrive pour nous emmener en une bonne heure jusqu'à Puerto Williams.

vendredi 3 mars 2017

Un commencement.

America del Sur...
Argentina...
Patagonia…
Tierra del fuego…
Ushuaia.

Voilà l'évidence.

Mon dernier grand voyage devait avoir pour point d'arrivée une destination qui mettait des étoiles dans mes yeux, la Nouvelle-Zélande ; mais le chemin s'était empli de détours, la voix du cœur m'avait poussée à étirer le temps, et finalement je n'ai jamais mis les pieds en Océanie. Aucun regret, mais cette fois, en sachant que les errances reviendront forcément, j'ai mis en point de départ l'endroit dont je rêve depuis des années.


C'est la fin de l'été ici, mais ça ne signifie pas grand chose : la température oscille toute l'année entre 0 et 10°C de moyenne. Pourtant, la terre de feu m'accueille avec un soleil éclatant, à en brûler mon visage.

Après 22h de vol inconfortable, en trainant un rhume depuis l'europe, être à l'ouest revêt un double sens.

dimanche 26 février 2017

Par(s) là-bas...

Pensez-vous qu'à force de multiplier les départs, ils s'adoucissent ?
Qu'à force de dire au revoir la gorge ne se serre plus ?
Que la plongée dans l'inconnu se banalise ?
Ce serait logique, pas vrai ?

Pourtant c'est un peu plus compliqué que ça…
Un grand voyageur m'a dit un jour que même après 10 ans de route le déchirement était toujours présent au moment de repartir. À l'époque, je le croyais sur parole et prenait ses mots comme un présage de mes futurs départs. À l'époque, les semaines précédant mes voyages étaient un paradoxe : je voulais partir sans vouloir tout quitter, je vivais dans l'attente en pensant constamment à ce qui m'attendait, sans pouvoir profiter de ce que j'allais laisser derrière moi. Une boule grossissait dans mon ventre jusqu'à exploser au moment de claquer la porte. Et puis, une fois partie, pendant des jours ou parfois des semaines, la mélancolie me tirait en arrière. Je me forçais à aller de l'avant, à découvrir l'inconnu, mais mes pensées s'emplissaient du quotidien rassurant que j'avais quitté. À l'époque, partir était difficile pendant bien trop longtemps.


Et ce n'est pas tant le nombre de voyages qui a changé les choses... mais ce qu'ils m'ont appris.