vendredi 3 janvier 2020

Les illusions s'effritent et un autre monde se dessine.

C'est une semaine intemporelle.
Un tourbillon intérieur me balance entre hier et demain, entre ce que j'étais et ce que je serais, entre le connu et l'inconnu, entre le réel et l'irréel, entre la panique qui pousse à s'accrocher au moindre repère, à la moindre habitude, au moindre réconfort, et la confiance qui guide inévitablement vers ce qui semble s'annoncer comme le plus grand chamboulement de mon univers.

Dans quelques jours je pars hors du monde ; celui qu'on a créé, nous les humains.
Dans quelques jours je m'immerger dans le monde ; celui de la nature, des plantes, du présent.


Alors, avant de couper tous contacts pour deux mois (du moins c'est ce qui est prévu, mais qui sait ce qui peut arriver), l'envie de partage me pousse à reprendre l'écriture et faire un pont, relier le premier chamboulement à celui-ci, raconter, expliquer, et me délester sans doute, pour partir le cœur plus léger.

lundi 26 août 2019

America del sur, siempre.

Le silence s'est fait depuis bien longtemps, ici...
Le besoin d'écrire, d'exprimer, de partager, s'était trouvé comblé dans un quotidien rempli de cœurs ouverts, d'oreilles réceptives, d'yeux débordants de sympathie. Pendant des mois, j'ai vécu le partage, en face à face, tellement que parfois c'était presque trop, tellement que les mots tapés sur un écran n'avaient plus de sens.

Mais ça revient, maintenant.
Parce que je n'y suis plus.

Et pour cette fois, je vais commencer l'histoire par la fin. C'est simple, elle tient en une ligne :

Je suis rentrée en France pour voir ma mère mourir.

Encore et encore, les mots reviennent dans mon esprit.
Comme si les répéter pouvait me faire voir la réalité.
Comme si les ancrer en moi pouvait me faire accepter.


[Boum.]

Et alors, ce n'est pas de ça dont j'ai envie de parler, pas aujourd'hui. Maintenant que la fin est dite, on peut revenir en arrière. À tout ce qui a composé ma vie, tout ce temps, à tout ce qui m'a plongée au présent, m'éloignant des écrans, de l'écriture, des messageries. Comme si elle était encore là, ma plus grande admiratrice, pour dévorer mes écrits et s'empresser de les partager, pleine de fierté. Comme si la fin n'était pas encore écrite, et que je voulais simplement partager un bout de vie, sans savoir de quoi demain sera fait, en imaginant son sourire quand enfin je mettrais en ligne mon prochain texte, après ce trop long silence.


mercredi 5 septembre 2018

Repartir...

Il y a trois mois j'écrivais :

"Hasta pronto, america del sur..." 
Ça ne peut pas être un adieu.

Et boum, m'y revoilà.

C'était d'une telle évidence ! En posant les pieds sur la terre natale je savais déjà ; même si mon habitude des imprévus retenait l'affirmation définitive, je sentais bien l'envie de repartir, de revenir, comme un appel sourd au fond du cœur. L'été a filé, comme un battement de cils. Doux au démarrage, intensément vivant au milieu, et presque trop chargé sur la fin, imposant l'importance de faire des choix, enseignant la parfaite imperfection des choses. Déjà, j'étais de nouveau assise dans un avion. Le sourire aux lèvres, le cœur léger, sereine, confiante. 


Pourquoi repartir ?
...
Pourquoi rester ?
...

Ce qui peut sembler étrange à d'autres me paraît évident à moi. Les normes se sont inversées, quelque part, entre deux voyages. Rester, m'installer, construire une bulle stable et sécuritaire... Pourquoi pas ? Ça n'a rien de mauvais, en soi, bien sur, ça a du sens, alors pourquoi pas ?... Parce que mon cœur ne dit pas oui à cette idée. C'est aussi simple que ça ! Pour moi, aujourd'hui, ce qui tombe sous le sens, ce qui est normal, c'est simplement que chacun s'autorise à vivre comme il le veut. Pas comme on est sensés le faire. Pas en étant dirigés par les peurs basées sur des "et si". Pas en écoutant aveuglément les autres. Juste en s'écoutant, soi. C'est pas forcément facile tous les jours... Parfois ce qu'on veut vraiment va à l'encontre de la raison, à l'opposé de la logique. Parfois ça fait peur. Parfois ça coupe de certaines choses. Parfois c'est flou, parfois on se trompe. Mais à force d'essayer, je crois que ça devient de plus en plus évident. Peut-être qu'un jour j'aurais envie de rester quelque part, de me sédentariser sans penser à repartir... Qui sait ? Si ça arrive, tant mieux. Si ça n'arrive pas, tant mieux. Dans tous les cas, tant que je m'écoute, je serais heureuse.

Dans l'avion qui traverse l'atlantique, j'ai la certitude profonde que tout est parfait.